Discours de la présidente de
l'AEB Nathalia Monjaret
à l'occasion de la remise des
prix 2007
Dimanche dernier, Jeanne
Emmanuelle Hutin proposait dans un éditorial cette réflexion de Jacques Amoud,
scientifique et théologien : " Avant de nous demander ce que nous devons faire,
il faut nous demander qui nous voulons être ! " Cette réflexion pourrait nous
servir de guide dans la vie de notre association.
Créée depuis plus de trente
ans, elle a connu un esprit festif et chaleureux entre des passionnés
d'écriture.
Mais ce besoin de 'fratrie' a connu une
évolution vers une recherche beaucoup plus pragmatique. L'association devait
d'abord être utile ! Par exemple, elle ouvrait les portes des salons en Bretagne
quand ce n'était pas à Paris !!! Or il est incontestable que la vie littéraire
est sans cesse en mouvement. Si le livre semble de plus en plus un objet
exceptionnel -d'où tant de disparition de libraires- nous assistons à une
expansion sans précédent de salons littéraires tout le long de l'année. Ces salons, au public d'origine
régionale ou locale, brassent des mondes qui ne peuvent plus s'ignorer: auteurs,
éditeurs, libraires..
Face aux différents
phénomènes commerciaux que chacun doit subir, le monde des livres se retourne
vers le porteur de solution, je veux dire: l'institution étatique. D'où aujourd'hui, l'interminable querelle entre
l'état, la Région, et les professionnels du livre, vis à vis de la
transformation du Centre Régional du livre de Bretagne.
C'est là que nous
voyons combien nous devons jouer le rôle d'interlocuteur privilégié avec le
monde du livre.
Nous avons -hélas- une réponse claire et définitive de la
Région. " Vous ne correspondez pas aux critères d'éligibilité définis par la
Région, donc dès lors, il ne sera pas possible de vous accorder une aide
".
Et voilà où nous devons
redéfinir notre réalité.
Cette Association
d'amateurs d'écriture, de passionnés d'écriture, de professionnels travaillant
24h sur 24 à remplir des pages blanches, a aussi besoin d'informations, de
formations, de rencontres, de recherches intellectuelles et humaines. C'est aussi pour chacun, le miroir
d'une identité.
Ah! qu'ai-je dit !! Identité bretonne ?? J'entends de
terribles sifflements dans mes oreilles !
Au cours d'une réunion, comme je me présentais: "
Présidente des Écrivains Bretons ", une haute personnalité m'a répondu: "
personne n'est parfait, Madame! " La suite des évènements m'a montré que le mot
'breton' était à l'origine de cette grotesque remarque.
Voilà, je laisse à mon
successeur un travail urgent et fondamental à réaliser, réellement
indispensable, si nous voulons exister comme une force, une réalité sociale que
personne ne devrait plus se permettre d'ignorer.
La
Présidente