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Edito rentrée 2008
Toujours. Il pesait tout. Ce qu'il mangeait, ce qu'il
buvait, lui-même. Il ne laissait rien au hasard, l'air de son appartement était
filtré, ionisé, à température constante. Toujours.
Il dormait tous les
jours de 21h à 6h. Courrait 10 km jusqu'à 7h, petit-déjeuner avec un calcul
savant des calories apportées, protéines, glucides, lipides. Partait au travail
par le bus de 7h32 arrivait à 8h00 pile. Toujours.
Le midi il redoutait la
cantine plus que tout, mangeait dans son bureau aux fenêtres ouvertes été comme
hiver. Toujours.
Le soir il quittait le
travail à 17h. Jamais une minute de plus ou de moins. Reprenait le bus où il
avouait respirer le moins possible. Eviter le contact des autres.
Toujours.
Les soirs de beau temps
il marchait seul une heure jamais une minute de plus ou de moins. Les soirs où
il ne faisait pas beau c'était musculation : un esprit sain dans un corps sain.
Puis une heure de ménage, désinfection, nettoyage, démontage des filtres. Puis
oxygène pur pendant 15 minutes. Douche 15 minutes aussi. Toujours.
Pas de sortie car cela
induisait des contacts. Les femmes ? Jamais. Célibataire. Et probablement qu'il
n'avait jamais connu de partenaire de l'un ou l'autre sexe : la crainte
d'échange de microbes. D’ailleurs, il suivait en permanence l'évolution de son
corps tentant de déceler au plus tôt la maladie, étudiant scrupuleusement chaque
symptôme, consultant le médecin juste pour obtenir les médicaments qu'il
voulait. Il calculait même les dosages. Toujours
A 49 ans il n'avait
jamais été malade, il n'avait jamais manqué une seule journée de travail. Tout
cela c'est son frère qui nous l'a expliqué le jour de l'enterrement. Il était
notre voisin et nous le connaissions si peu. Poli, effacé, il évitait les gens.
Toujours.
Eviter ? Il n'a pu
toutefois le faire avec le bus de 7h32. Lorsqu'il est tombé du trottoir le bus
arrivait juste. Il est mort sur le coup. En excellente santé.
Allez, je vous laisse.
J'ai des potes à la maison ce soir. Nuit blanche, alcool et cholestérol au
rendez-vous. Moi ça me rend créatif. Ensuite je vais peut-être griffonner un
chapitre avant d'aller me coucher à 7h32.
J'aime bien écrire tôt
le matin. Toujours.
Edito été
2008
Nous sommes tous en
contrat à durée déterminée.
J'entends souvent les
gens dire autour de moi qu'ils sont chez eux, que ce terrain est leur propriété,
que cette belle vue sur la mer est la leur.
Que la villa décorée
avec amour, que ces murs montés pour isoler leur intimité, que ces arbres, que
ces fleurs, que ce bateau, que cette... Non. Je suis désolé. Rien n'est à vous.
Ou alors si - mais un
petit peu - à durée déterminée car un jour il faudra laisser tout cela, il
faudra lâcher prise, rendre le jardin en même temps que le dernier soupir,
recommander la maison en même temps que son âme.
Il en va de même pour le
statut social. Dans une usine de province où je m'occupais entre autres des
circuits de visite, il me souvient d'un vieil homme arrivé un jour pour
précisément visiter, sa présentation m'a longtemps donné à réfléchir : - Moi
monsieur j'étais directeur de la stratégie du groupe. J'étais le passage obligé,
mes collaborateurs tremblaient à l'évocation de mon nom, les commis me saluaient
bas. Mais on m'a poussé à la retraite, monsieur, oui moi à la retraite ! Et bien
croyez moi je suis passé au siège récemment et bien c'est à peine si les
secrétaires ont levé la tête pour me dire bonjour, même mon adjoint que j'ai
porté à ma succession et qui m'a remplacé est passé dans le couloir et m'a
juste salué de la main avant de s'engouffrer dans une salle de réunion. Je suis
resté seul au milieu du couloir à la moquette si épaisse dont j'avais moi-même
choisi les tons. Je ne suis plus rien, monsieur.
Il avait raison mais
n'avait malheureusement pas intégré qu'un statut est provisoire, comme un
positionnement, un grade, une fonction, une responsabilité, un diplôme, une
expérience, une distinction et des honneurs (sauf posthumes).
Tout ça c'est du CDD
!
Chez les écrivains
bretons ou pas, chez les artistes en général il y a toutefois quelques chances
d'obtenir du rab' après son CDD car l'oeuvre survit à son auteur : la peinture,
l'écrit, la sculpture ou la musique resteront sur le tableau, dans le livre ou
sur le support.
Alors les auteurs de
l'AEB : efforcez vous d'être créatifs, d'enthousiasmer nos jeunes à lire,
écrivez-leur des histoires passionnantes ou passionnez les avec l'Histoire.
Composez-leur des poèmes légers et enchanteurs, racontez-leur la vie dans la
doulce Bretagne d'antan, parlez-leur de leurs prédécesseurs, de leurs
contemporains et de leurs descendants, décrivez-leur les univers fantastiques de
Brocéliande, faites-leur humer les senteurs des îles, de la mer et de la lande,
aider les à découvrir le pays d'Argoat, la langue de leurs ancêtres, la vie de
notre Bretagne.
Et dans trois cent
années lorsqu'un de vos descendants à 120 ans juste à la moitié de sa vie
ouvrira le livre écrit par son aïeul(e), il découvrira dans les pages imprimées
au parfum suranné des vieilles bibliothèques, le temps d'autrefois au début du
XXIe siècle quand les hommes alors qu'ils ne vivaient même pas cent ans
pensaient que tout pouvait leur appartenir.
Edito juin
2008
Moi je n'aime pas ce qui est gratuit.
Non pas parce que j'aime payer, mais surtout lorsque c'est
gratuit, croyez-moi vous le payez très cher !
Prenez par exemple les journaux gratuits. Bien, il suffit de les
prendre dans le distributeur lorsque l'on habite une ville. Et bien on en a pour
son argent. Ligne éditoriale pauvre, écriture sans saveur, publicité
omniprésente.
Ou bien regardez les sites internets gratuits , il y a tellement
de fenêtres intempestives que l'utilisateur est vite fatigué.
La TV gratuite ? Allons donc, vous cliquez sur une offre vous
avez effectivement un bouquet gratuit pendant quelques semaines, mais après
quelle aventure pour stopper l'offre : lettre recommandée, rappel, etc.
La musique gratuite ? Super... Sauf si l'on est mélomane ! Les
morceaux en ligne sur les sites de téléchargement officiels - il semblerait même
que certains aillent sur des sites non-référencés, ce n'est pas bien -sont
tellement compressés que l'écrétage des aigus et des graves devient pénible et
la musique est aseptisée.
Inutile de vous parler des films gratuits à télécharger, mauvais
son, images pixellisées, pauvre résultat.
Et le livre gratuit ? C'est en cours, des sites spécialisés
mettent en ligne des livres à lire à l'écran, des internautes se partagent des
fichiers numériques. Souvent gratuits.
Mais avez vous essayé de lire un livre numérique ? Si non,
n'essayez pas. C'est astreignant et désagréable. Et je suis de ceux qui
aiment l'odeur de la librairie, le toucher du livre, la texture de la
couverture.
Espérons que nous serons encore nombreux à aimer cela dans les
années à venir.
Bien à vous. Luc.
Edito mai
2008
Un jour je serai président de
l'AEB.
Pas maintenant, non. Trop récent et trop jeune.
Parce que pour être président de l'AEB il faut deux qualités que je n'ai pas
encore :
1 Etre un vrai écrivain Breton, avec une vraie
bibliographie, une collection de publications, une reconnaissance de ses
pairs
2 Avoir une vraie séniorité, donc un âge en
relation pour pouvoir canaliser tous ces auteurs donc chacun d'entre eux pense -
comme chacun d'entre nous le sait - que son oeuvre est la plus
importante.
Alors je vais attendre. Patiemment. Une décennie et
demie environ, ce n'est rien à l'échelle de la création du massif
Armoricain.
Pour l'instant, je dois dire que ça marche plutôt
bien avec l'actuel (président qui possède toutes les qualités susdites) et les
membres du bureau. Innovation, idées, changement. De plus les adhérents
affluent, quatre en moyenne par semaine depuis deux mois !
Les fiches sont mises régulièrement en ligne et
nous avons trouvé le moyen de réaliser un mini-site moyennant une modeste
participation pour nos adhérents-auteurs qui n'ont pas de site
internet.
Dans quelques semaines la saison des salons va
commencer et avec elle la kyrielle de séances de dédicaces que nous aimons tous
et sans qui nous serions comme des chanteurs qui n'iraient pas sur scène. Alors
bonne chance et peut-être nous croiserons nous, dans ce cas pensez à arborer
votre pannonceau Ecrivain Breton.
Bien à vous.
Luc.
Edito avril
2008
Bon, je vais être
honnête avec vous...
C'était à
l'assemblée générale de l'AEB en novembre 2007 au fort de Kernevel. J'avais été
prévenu quelques jours plus tôt par Nathalia Monjaret, la présidente, que mon
roman "La Tourmente Kenavo" avait été retenu pour le prix des Bretons de Paris.
Je ne vous
cacherais pas que ma joie fût grande : être considéré par les écrivains -
Bretons de surcroît - ne me laissait pas indifférent. Malgré un emploi du temps
comparable aux vôtres, je décidais de me rendre à Larmor-Plage pour récupérer
mon prix et par la même, la reconnaissance d'écrivains fait impensable pour moi
qui n'était même pas un modeste auteur ! Il était dans
mon esprit clair que dès la fin de la réception, je reprendrai le chemin de
Paris, ce qui pour un Breton de Paris, titulaire du prix du même nom paraissait,
vous en conviendrez, bien logique.
Mais je me suis
laissé attendrir par la gentillesse accorte des membres du bureau. J'ai vu
ensuite que d'autres auteurs rejoignaient ledit bureau et dans un élan fou et
incontrôlé j'ai levé la main : "Oui j'avais un peu d'expérience dans
l'informatique, oui je pouvais m'occuper du site web, oui je pourrais le mettre
à jour quelquefois dans le mois".
Eh bien depuis, le
mal est là, il me ronge. Je passe des dizaines d'heures dans la semaine à lire
les messages laissés en ligne, à orienter les nouveaux adhérents vers le
trésorier, à saisir des fiches d'auteurs, à coller des photos et des couvertures
de livres, à commenter des publications, à informer sur les actus, à
correspondre avec les auteurs, etc.
Et comme ce matin
avant d'aller au travail j'avais quelques minutes je me suis laissé aller à
écrire ce billet d'humeur.
Bon, finalement ça me plaît ce boulot de web master
(administrateur du site) pas payé, qui prends du temps, où parfois ça frictionne
avec des grincheux ou des impatients. Et je me dis que finalement même si je
n'écris plus, je peux exposer ma prose sur le site de l'AEB et c'est peut-être
là que finalement je serai lu !
Luc.
Edito mars 2008
L'environnement
social et politique ne nous laisse pas indifférents. Pas plus que
l'appauvrissement culturel général, ce n'est pas nécessairement la faute à ceux
qui ne se soucient pas d'élever leur niveau mais aussi à ceux qui sont censés
les amener à cela : les parents, les éducateurs, les profs et autres élites qui
en fait ne s'auto-alimentent qu'en cercle fermé creusant de plus en plus le
fossé entre les catégories sociales et intergénérationnelles
.
Ainsi regardez
autour de vous. Quelles sont les préoccupations : l'histoire, le partage de
l'expérience, le partage de passion(s)? Non. La période est aux vacances, aux
dvds, au téléphone dernier cri, à la TV écran plat et à l'ordinateur omniprésent
et incontournable.
Ne trouvez-vous
pas qu'il y a moins de lecteurs, que la production de livres est à peu près
aussi intéressante que le "prime" de 21 heures sur nos chaines nationales ?
Amusez-vous à observer les 25 meilleures ventes des grandes surfaces de la
culture. C'est fait ? Bien maintenant otez les best-sellers traduits ou les
suites à tiroir sur l'Egypte, le petit magicien Anglais ou le suspense à la
sauce Britannique, déduisez les auteurs de situation (artistes sur le retour,
animateurs TV, etc.), les livres sur les politiques ou sur les prétendus
pipoles, pensez également à écarter les fils de et ex épouses, n'oubliez pas de
ne pas prendre en compte les auteurs de faits divers qui racontent leurs
(més)aventures...
Il doit vous
rester environ un quart de livres d'auteurs lisibles et de bon niveau, auteurs
qui ne galèrent pas puisqu'ils sont dans le hit-parade. Mais les autres, tous
les autres ?
Alors ? C'est
fichu ? Non, parce que sur le terrain il y a précisément des profs qui y
croient, des assos comme la nôtre qui partagent, animent, organisent colloques
et autres salons.
Mais ce sera
difficile d'où l'utilité de se fédérer et l'AEB est une belle opportunité de
partager.
Luc.
Edito février
2008
Bon
il commence à prendre forme ce site ! Au fur et à mesure que nos adhérents
règlent leur cotisation leur fiches sont mises en
ligne. Pour les non-adhérents la collecte des informations continue et la liste des auteurs
Bretons est également mise à jour. N'hésitez pas à nous informer des
manques.
Une nouvelle rubrique a l'heur de plaire à nos
lecteurs, il s'agit de "Nos lectures" une tentative de commentaires sur des
livres ou des publications diverses ayant trait à la Bretagne. Si des auteurs
acceptent notre avis, qu'ils nous fassent parvenir leur création.
La lettre contact a été envoyée récemment, nous
allons travailler sa présentation pour lui donner une nouvelle
jeunesse. Remercions au passage Nathalia pour tout le travail
effectué. Encore tous nos voeux et excellente année
littéraire à tous. Luc.
Edito janvier 2008
Depuis quelques semaines maintenant le site de
l'AEb est en ligne. Petit à petit il est renseigné, enrichi et devient pour
certains d'entre vous un Rendez-Vous régulier, je le vois aux courbes de
fréquentation.
Notre ami Gérard Riou a aimablement redirigé
l'ancien site sur celui-ci, la transition se fait en douceur. Toutes les
informations n'ont pas encore été migrées, nous nous en occupons.
N'hésitez pas à fureter comme on dit à Québec, les
Archives méritent le détour ainsi que les Fiches & Sites auteurs. Le forum
n'attire pas encore beaucoup de monde pourtant trois "fils" méritant débat ont
été ouverts.
La lettre contact devrait vous parvenir
prochainement vous la retrouverez également sur le site. Meilleurs voeux à
tous et excellente année littéraire à tous.
Luc.
Edito décembre 2007
Vous venez de découvrir
le nouveau site de l'AEB, il est à l'image de notre association dynamique, clair
et en progression constante.
Peut-être même
connaissiez vous le précédent ? Il a bien mérité de l'Association. Emmené de
main de maître par Gérard Riou il a vécu et nous le regretterons, il nous
restera d'ailleurs à récupérer l'ensemble des informations qu'il contenait :
c'est en cours.
L'AEB est sur de nouveau rails,
Nathalia Monjaret et Pierre Livory au prix d'efforts importants on réussi à
maintenir l'Association des Ecrivains Bretons jusqu'à ce jour, nous nous
rendrons compte un jour à quel point ils se sont investis.
De nouveaux membres viennent de faire leur entrée au
bureau, ils viennent épauler Nathalia, Pierre et le nouveau président Yves Lainé
pour continuer ensemble. De nouvelles compétences viennent enrichir le
bureau et on peut constater d'ores et déjà que les idées fusent, que les projets
sont évalués, que l'envie de poursuivre et de faire reconnaître est
forte...
Gageons que l'AEB jouera également sa partition dans le concert de la culture
Bretonne.
Nous nous y
emploierons. Merci de votre soutien.
Luc.
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