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250 000 morts ou plus ?
 
En cette période de commémoration du 11 novembre, il convient de rappeler la nécessité de bien se faire comprendre...
Ma modeste connaissance de la guerre de 1914- 18 m 'a donné l'occasion de correspondre dernièrement avec une journaliste de la "Presse d'Armor". Il était notamment question du nombre de bretons morts pendant la Grande Guerre.
Des décennies après les chiffres font toujours débat. Ainsi sur les murs du Champ des Martyrs à Sainte-Anne d'Auray, il est écrit que 250 000 bretons sont morts pendant la première guerre mondiale ce qui fait environ 1/5 des morts Français alors que la Bretagne ne représentait qu'un dixième approximativement.
Certains contestent ce chiffre de 250 000.
Pendant la Grande-Guerre, ceux qui habitaient les départements bretons ou la Loire-Inférieure rejoignaient en majorité les grands régiments bretons : Saint-Brieuc, Brest, Guingamp, Saint-Malo, Nantes, Rennes, etc.
C'est ceux-là que les minimalistes comptabilisent dans les chiffres des morts au champ d'honneur en se limitant au périmètre de la Bretagne historique.
Mais c'est oublier une composante essentielle du caractère breton : la mobilité.
Erick Orsenna a écrit partout dans le monde, je trouve une bouteille de Coca-Cola et un Breton. C'est exact et des milliers de jeunes gens issus de Bretagne vivaient ailleurs que dans le vieux pays.
A la période de la première guerre mondiale, il n'était pas rare de voir un breton de la diaspora parti à Paris ou ailleurs se retrouver dans un régiment non breton. C'est le plus souvent grâce à leur nom que l'on identifie les bretons et des milliers de fiches des morts à la guerre 14-18 recèlent des Guillou, Cadiou, Le Meur, Coat et Le Borgne tués dans le premier conflit mondial et non répertoriés comme « bretons morts à la guerre ». 
Pour satisfaire à la vérité, notons toutefois que pour ces bretons éloignés, il arrivait quelquefois que leurs noms soient inscrits sur le monument aux morts de la commune bretonne d'origine de la famille. Mais c’était rare.
Voilà pourquoi je soutiens le chiffre de 250 000 bretons tués en 14-18. Les déracinés n’y étaient pas !
Et je le trouve modeste encore.
Je vous invite à vous rendre un jour à Vimy dans la Somme. Tout près de là se trouve un lieu nommé Beaumont-Hamel où le Newfoundland Regiment mena des combats.
Plus de 6200 soldats servirent avec le Newfoundland Regiment, principale contribution du dominion, qui combattit pendant toute la durée de la guerre intégré à une division britannique.
Les Terre-Neuviens servirent au Moyen-Orient et combattirent pendant la campagne de Gallipoli contre les troupes turques avant de se rendre sur le Front occidental en 1916.
Le premier jour de l'offensive de la Somme, le 1er juillet 1916, 710 des 801 hommes du régiment furent tués, blessés et portés disparus au cours d'une attaque de 30 minutes sur les positions allemandes près de Beaumont-Hamel. Le régiment reconstitué qui reçut plus tard le titre de « Royal » participa à plusieurs autres engagements majeurs ainsi qu'à l'occupation de l'Allemagne après l'armistice.
En octobre 1918, un membre du régiment, Thomas Ricketts, âgé de 17 ans, fut décoré de la Croix de Victoria, la plus haute décoration de l'Empire britannique récompensant le courage face à l'ennemi
A Beaumont-Hamel, il existait sur le champ de bataille un arbre décharné qui servit de point de repère pendant des mois entre les troupes Allemandes et Canadiennes. Des centaines et des centaines d'hommes sont morts dans les attaques et défenses successives autour de ce repère pour conquérir quelques arpents de neige.
Le caribou juché sur un monument rappelle ces moments tragiques et le plus étonnant et de lire les plaques de bronze où sont gravés les noms de soldats canadiens tués au front. Parmi les Canadiens, s'agissant d'un régiment de Terre-Neuve, il y a 50% qui sont des Français d'origine et parmi eux vous ne serez pas étonnés de savoir qu'il y a des Postollec, Le Minter, Trogoff, Poasévara, Guidoux, etc.
Non comptabilisés ceux-là...
 
 
 
Quel plaisir de payer ses factures...
 
Moi, je suis content de recevoir des factures...
Curieux allez-vous dire ? Oui, parce qu'au début je faisais comme tout le monde, pestais contre les impôts, l'électricité et le gaz.
Et il fallait payer, faire un chèque, une carte, un tip, un virement, subir un prélévement.

Puis j'ai trouvé la méthode.
En début d'année je dresse la liste exhaustive de toutes ces factures régulières, prévoit une augmentation de tarif et j'ajoute encore 10% au montant total.
Pour être honnête avec vous, je râle, m'énerve, trouve que c'est trop cher, que ça augmente, que ce n'est pas acceptable, que le gouvernement ceci et que le gouvernement cela.

Mais ça ne dure qu'une paire d'heures et c'est fini pour l'année quelquesoit le gouvernement.
Ensuite chaque fois que je reçois une facture comme elle est prévue dans ma liste, je la paie et me garde les 10 %.
Avec ça j'achète des livres. Peu quand il s'agit de la facture d'electricité par exemple, mais bien plus d'ouvrages quand il s'agit de récupérer les 10% du tiers prévisionnel.
 
Je vous encourage vivement à opter pour le même système, voyez, ma facture de la taxe d'habitation m'a permis aujourd'hui d'acheter "La tête en arrière" de Nathalie Debroc et "Les extraits de temps" de Marie-Josée Christien tous deux primés par l'association des écrivains bretons.

Une aubaine vous dis-je. Et j'ai toujours des livres d'avance et plus de budget livres à gérer.
 
D'ici et d'ailleurs
 
A Yves,
 
En fait j'ignore ton prénom, mais cela a peu d'importance, en utilisant celui-ci j'ai moins de chances de me tromper.
 
Comme tous les ans je suis venu me "ressourcer" dans la presqu'île que ma famille n'habite plus depuis trois générations maintenant. Mais tu connais encore mieux que moi l'attrait de cette région, de ses rochers, de ses sentiers, de ses plages et de son air tonique au bout du monde.
 
Lorsque l'on est parti depuis si longtemps les liens familiaux n'existent plus, alors on se créé des amis et un cercle de connaissances qui nous donnent l'impression d'être toujours un peu du pays. Mais voilà… ! En quelques minutes tu as dénoncé‚ ce que je prenais pour une certitude, je n'étais plus d'ici !
Avant que tu ne me le précises, j'ignorais qu'il y avait une hiérarchie entre les habitants de la presqu'île de Pleubian, certes je savais que les estivants n'étaient pas considérés de la même façon que les originaires, mais de la à franchir le pas jusqu'à imaginer que seuls sont considérés comme Bretons purs et durs ceux qui n'ont jamais quitté la contrée, là tu m'as laissé rêveur !
 
Tu n'es pas sans savoir qu'à la fin du 19ème  siècle nombreux furent les Bretons de la région à partir vers d'autres cieux, délaissant la dure vie de leurs Côtes-du-Nord ou d'ailleurs pour rejoindre les lumières de la ville, essentiellement vers Paris. L'avènement du chemin de fer, à l'époque où la ligne Paimpol - Saint-Brieuc était la ligne des larmes et de l'adieu, bien avant d'être une voie déserte et désaffectée.
La première génération n'est jamais revenue, comment se payer un retour au pays lorsque l'on travaillait 70 à 80 heures par semaine et que l'on avait du mal à régler le loyer de son hôtel meublé de Montparnasse.
 
La deuxième génération quant à elle eut fort à faire entre les dures réalités de la vie, le désastre de la guerre de 14 (je ne te rappelle pas le lourd tribu payé par les Bretons d'ici ou d'ailleurs), ceci ponctué par la crise sans précédent de la fin des années 30 et si leurs pères avaient fui la misère, eux n'avaient pas mieux réussi, cette génération ne revint pas non plus.
 
C'est la troisième génération avec l'indéniable avancée sociale des années d'avant et d'après la seconde guerre mondiale, les congés payés, la facilité de voyager favorisée par l'amélioration notable du pouvoir d'achat qui leur permit de retourner en Bretagne.
Evidemment, avec les années les familles s'étaient disséminées, quelques rares cousines âgées se souvenaient bien qu'il y avait eu un Louis, un Jean ou un Pierre issu d'une famille trop nombreuse pour partager la terre ou le bateau de pêche, qui était allé tenté sa chance à la ville. 
 
Peu à peu ces "revenants" ont essayé‚ de reconstituer leur histoire familiale, de rechercher leurs origines, de retrouver les traces de ceux qui les ont précédés, leurs maisons, leurs églises, leurs vies.
 
Je fais partie de ceux-là, après trois générations hors de Bretagne, j'ai découvert "notre" presqu'île en 1981 et tenaillé‚ par plusieurs dizaines de générations Pleubiannaises et Pleumeuriennes, il me semblait ne jamais l'avoir quittée. L'arbre même arraché à la terre a laissé‚ enfoui dans le sol des milliers de racines indestructibles.
 
Que sont trois générations au regard de dizaines d'autres ?  Aujourd'hui, Yves, la Méditerranée est saturée de constructions, nous sommes à l'heure où l'Europe ouvre ses portes et les pays à devises fortes commencent à investir sur nos côtes. Je ne te souhaite pas et je suis sincère, qu'un jour comme les Provençaux, ce soit toi qui soit obligé‚ de partir, victime de la spéculation immobilière et de l'attrait du littoral et que tu te retrouves toi aussi mêlé à une foule cosmopolite se moquant bien de tes coutumes et de ton histoire, puis revenant des années plus tard, considéré par les tiens comme un étranger. 
 
Ces quelques mots, Yves, pour te dire que nul n'est "dépositaire" d'une culture et que l'histoire petite ou grande a été écrite par des rois mais aussi par des manants, par des seigneurs mais aussi par des serfs, par des laboureurs et aussi par des marins (qui bien souvent étaient les mêmes) et qu'il n'est pas nécessaire de vivre dans une région pour en connaître bien son histoire, j'en veux pour preuve que celui qui a contribué le plus a faire connaître la tienne, s'appelait Pierre Loti, il n'était pourtant pas de l'Armor et il était encore moins Breton !
 
Moi-même n'étant pas né ici, je pourrai te raconter l'épidémie de choléra qui a ravagé Pleubian en 1832, l'histoire du comte Plu de Pleumeur qui se couvrait de plumes lorsqu'il avait vendu ses habits, la complainte de la vieille église de Pleumeur, pleurant les pierres de sa carcasse en 1730, ou l'aventure de ce marin Bréhatin qui confondit un soir qu'il n'avait plus soif le phare de Bodic avec celui des Héaux. 
 
Alors Yves, à l'année prochaine, évite cette fois de me dire que les gens de l'Armor sont mieux que ceux du bourg, j'ai toujours entendu dans ma famille que les filles de l'Armor étaient aussi belles que celles de Pleubian et laisse nous l'illusion pendant trois semaines que nous sommes vraiment d'ici, je te paierai une tournée et l'on parlera d'Erwan Berthou.

 
P.... de maladie
Je sais l'absence de l'autre...
Ces personnes qui disparaissent et dont le savoir s'efface comme la craie après la pluie sur l'ardoise.
Particulièrement touchée notre association des Ecrivains Bretons déplore de nombreuses disparitions récentes, des auteurs de qualité, des femmes et des hommes de savoir et de culture : la notre.

Mais que dire de cette maladie qui sans nous enlever les êtres chers nous les fait s'éloigner pour qu'ils s'enferment dans un monde de mutisme et de non-mémoire ?
Qui n'a pas connu un être aimé sensible, doué de qualités, de goût sûr et de conseils avisés ?
Réfugié désormais dans sa vie d'oubli et de non intérêt, maintenant ses pensées se focalisent sur ce que nous pensons être des marottes et des futilités.

Son regard n'est plus attiré que par des détails, il voit un seul objet sans même remarquer les autres.
Plus rien ne le touche, ou si peu. Les souvenirs proches ne marquent plus sa pauvre pensée, impossible de fixer les idées récentes, elles fuient sa mémoire à jamais. Ainsi toujours présent et absent à la fois, le souffle et le sang de la vie animent encore un corps dont l'esprit s'échappe inexorablement.

Pourtant sporadiquement des espaces brefs de lucidité raniment la lueur du regard aimé.

Mais il n'y a rien à faire sinon espérer une stabilisation bien hypothétique.
 
Parler breton ou pas ?
 
Je vais être honnête avec vous.
Autrefois dans ma famille on ne parlait pas breton. Non pas que l’on ne le savait pas mais on ne le voulait pas.
 
Ancrée en Trégor, un des berceaux du rude langage, c’est un mariage avec une fille de Dinan – en pays Gallo donc – qui eût tôt fait de stopper toute velléité de parler la vieille langue ancestrale dans la belle maison de mes arrières grands-parents rue Saint-François à Tréguier
En négociant le vin avec les Bordelais on échangeait en français et on observait d’un air condescendant les cousins de la campagne deviser en « patois » alors que soi-même notable habitué aux dorures de la mairie de Tréguier on faisait tout pour ne pas laisser voir que l’on comprenait la langue des bardes.
 
L’émigration vers Paris accentua encore le phénomène, si mon ami André Le Ruyet décrit dans son excellent livre « Itinéraire de Paris à Kernascléden» que dans sa bretonnante famille tout était bon pour manier la langue du pays, il est clair que d’autres familles dont la mienne firent en sorte de ne plus la parler et encore moins de l’apprendre aux enfants. C’est ainsi que mon grand-père ne connaissait rien de la langue du Trégor et elle s’est évanouie dans ma branche en même temps que les premiers congés de 1936.
Personnellement, je sais écrire quelques phrases mais reste bien incapable de parler ou comprendre.
 
D’ailleurs, laissez moi vous conter une anecdote.
Invité à l’anniversaire des 30 ans de Diwan à Carhaix pour une séance de dédicace, entouré de gens charmants et dévoués à une belle cause, je reçu la visite sur mon stand du seul ayatollah de la bretonnitude présent parmi les milliers de passionnés. S’adressant à moi en breton et voyant que visiblement je n’y entendais pas grand-chose il se mît à me tenir de longues phrases, riant de mon visage interrogatif. J’avais beau lui expliquer que pardon, désolé, ne m’en veuillez pas, je ne comprends pas le breton l'animal continuait de plus belle.
C’est alors que mon cousin Loïc - qui porte le même nom de famille que moi - arrivant et ignorant l’épisode en-cours, entama une conversation avec l’intolérant dans la langue de Fañch Peru. Débarrassé, je pu enfin discourir librement avec mes visiteurs. J’eût beau jeu, dès lors, d’expliquer lorsqu’un lecteur me demandait :
«Etes-vous de la famille de Loïc ?» de répondre « Oui, mais je ne parle pas breton comme lui, Voyez-vous lorsque Dieu créa notre famille, il dit : le plus malin parlera breton et l’autre se contentera d’écrire des livres ».
 
Croyez-moi,  il n’y eût plus de problème de traduction à Carhaix. Maintenant je me pose la question : dois-je commencer à apprendre notre vieille langue ? Probablement pas. Car même avec d'incommensurables efforts mon accent me trahira toujours.
Et vous ?
 
L'Edito du dodo
 
En l'an de grâce 1598 des marins Portugais découvrirent une île dans l'océan Indien.
 
Cette île était peuplée de nombreux gros oiseaux ressemblant à des dindons mais d'une espèce inconnue. Incapable de voler les oiseaux d'assez grande taille étaient caractérisés par de grands becs crochus, des ailes et des queues à peine développées.
 
Leur incapacité à voler découlait sans doute de l'absence totale de prédateurs sur leur île, et en faisait des animaux particulièrement vulnérables. Leurs pattes courtes, larges et jaunes, leur permettaient de gratter le sol pour y dénicher la nourriture, surtout des fruits et des graines.
 
Ils pondaient un seul œuf, au sol, sans protection, dans un nid composé d'herbe.
Affable et faisant montre d'une innocence que certains qualifièrent de stupide cet animal nommé "dodo" ou dronte (personne un peu simplette en Portugais) accueillit avec confiance et grande joie les visiteurs.
Ceux-ci lui rendirent bien puisque ces imbéciles les tuèrent presque tous. Sans doute un officier eût il la présence d'esprit d'ordonner à ces soudards de cesser le massacre, puisque devenus méfiants quelques dodos s'enfuirent.
 
Mais quand l'homme ne peut terminer sa tâche destructrice, comme souvent ce sont ses alliés qui achèvent le travail. Car colonisée, l'île qui s'appela Maurice par la suite fut bientôt peuplée de chiens et de porcs qui en 1681 dévorèrent le dernier dodo. Cet animal si placide eût le seul défaut de ne pas connaître bien l'homme, principal prédateur de sa planète.
 
Le commandant Cousteau disait : l'homme se vante d'avoir vaincu la nature, mais il s'est vaincu lui-même puisqu'il en fait partie !
 
Le dodo n'est qu'un prétexte pour que nous réfléchissions sur notre vie de prédateurs, prédateurs au travail, au volant. Qui n'a pas essayé de réduire au silence un adversaire, d'emporter un marché sans faire de quartier, de passer devant quelqu'un dans une file d'attente, de se garer aux places des personnes handicapées.
 
Regardez les prédateurs autour de vous, égoïstes, matérialistes, orgueilleux, requins des affaires et de la finance, sans scrupules, ne disent-ils pas : pas d'amis en affaires ? Si. Et combien de dodos ont ils à leur actifs, gens simples et peu méfiants, pensant que l'homme est avant tout humain, digne de confiance et bon ?
Combien profitent de la crédulité des grands mères, de la faiblesse des femmes seules ? Que penser ? Que faire ?
 
Confrontés au problèmes actuels, chômage, banlieues, montée des extrèmes, intolérance, racisme à quoi se raccrocher ?
A la vraie vie, à vos familles, à vos racines, à votre culture, à votre histoire et à votre association des Ecrivains Bretons. Où il ne devrait pas y avoir de motifs de discordes, mais des retrouvailles, des émotions, des instants de bonheur
 
Et je crois savoir que l'AEB n'a jamais fait de mal à personne fût-ce à un dodo.
 
EDITO Hiver 2008
 
TERRE DE FRANCE
En avril dans l'est de la France.
 
Il est 5 heures du matin, il fait froid et humide. Mohamed KELLACI et Youssef BEGHDAD deux jeunes attendent. A peine vingt ans et ils savent qu'ils n'ont pas le choix. Ils vérifient une dernière fois leurs armes. KELLACI, le regard inquiet ne peut dissimuler sa peur. BEGHDAD, lui, est plus déterminé. Tous deux attendent le signal, il savent. Il savent qu'ils vont devoir foncer, prêts à faire usage de leurs armes. BEGHDAD décroche de sa ceinture un couteau à cran d'arrêt et le fait miroiter à la lueur de la lune.
 
Soudain un coup de sifflet à droite, BEGHDAD est le plus prompt, KELLACI marque un temps d'arrêt, prend sa respiration et s'élance à découvert. Il n'ira pas loin. Dans la pénombre, il distingue des uniformes sur la gauche, il tire mais trébuche au moment où une rafale le fauche, il est mortellement touché.
 
Devant, BEGHDAD a aperçu les uniformes, il se jette au sol et vise, deux hommes s'écroulent. Il reste tapi dans l'ombre, il sait qu'ils sont nombreux, mais il n'a pas peur. Brusquement, les uniformes font leur réapparition droit devant lui. Combien sont-ils ? Vingt ? Trente ? BEGHDAD tire. Posément. Deux, cinq, sept tombent, les balles ricochent autour de lui. L'une d'entre elles vient heurter son épaule, il est touché.
Désormais seul, rassemblant toutes ses forces, il se lève, décroche son couteau et se précipite vers ses adversaires seulement distants de quelques mètres. Il hurle de rage, de la sueur coule sur son front, son épaule saigne, les balles miaulent, il court : Allah Abka, Allah Abka ! Soudain il est touché à la tête à bout presque portant. BEGHDAD s'effondre sur la terre de France.
 
Cette nuit là fut meurtrière, mais il n'y eut pas un article dans les journaux, aucun bulletin d'information, aucun commentaire. En fait, ce furent 457 jeunes Maghrébins qui périrent entre Suippes et Souain sur la butte de Tahure ce 25 avril 1917. Soldats du 9ème tirailleurs, ils étaient venus de leur Maghreb natal pour défendre la France !
 
Ah ! Comme ils avaient été reçus à leur arrivée à Marseille ! On les ovationnait ces enfants d'Algérie, de Tunisie et du Maroc qui d'abord étonnés de l'accueil péroraient ensuite dans leurs uniformes exotiques, gonflaient la poitrine au rythme mâle de la Marseillaise. Ainsi donc on comptait sur eux ? Ils ne décevraient pas ! Ils ne déçurent pas. Des dizaines de milliers sont tombés sur la terre de France , en Champagne, en Argonne, à Verdun.
 
Tombés comme leurs cousins Sénégalais, tombés dans la boue des champs de bataille, tombés pour la terre de France souvent sans en comprendre la raison. Pourtant ils n'ont jamais faibli, pourtant l'ennemi de l'époque les craignait ces hommes au visage brun, aux tenues pittoresques qui ne reculaient jamais, aveuglément confiants dans leurs officiers. Ils ont bien mérité de la patrie…
 
Le temps a passé. Aujourd'hui ce sont les petits fils de ceux là que l'on montre du doigt : racailles, beurs, négros. Accusés de tous les crimes par certains, exclus par les autres, ils sont cantonnés dans des ghettos où la probabilité d'en sortir est négligeable. On en a fait des marginaux. Pourtant.
 
Pourtant la majorité veut s'en sortir, veut travailler, veut fonder une famille. Mais quand on s'appelle BEGHDAD ou KELLACI quatre vingt ans après, on sait que le vent a tourné en terre de France.
 
Et Marseille a la mémoire courte ! Les fils de ceux qui leur offraient à boire en 1917, votent pour les intolérants, pour les extrémistes. Alors quelle solution ? Comment permettre à ceux qui vivent avec nous depuis des années de ne pas sombrer dans la délinquance ?
 
Peut-être faudrait-il simplement le leur demander et lancer enfin un vrai programme d'insertion pour ceux qui veulent réellement s'en sortir et simplement faire respecter la loi pour les autres.
 
Et si vous passez au cimetière militaire de Souain en terre de France, inclinez-vous sur les tombes de Youssef BEGHDAD et Mohamed KELLACI, dites-leur aussi qu'ils ne sont peut-être pas morts pour rien.
 
EDITO automne 2008
Cette assistante en général est sympa, mais il y a quelques mois elle a eu une idée étrange.

- Toi qui vas souvent en Afrique, j'ai plein de stylos dont personne ne veut. Tu pourrais les leur donner ?
Et elle me laisse un gros paquet de stylos.
 
Il y en a des rouges, des bleus, des verts... Les noirs sont plus rares parce que, même s'ils écrivent moins, les gens préfèrent cette couleur. Ils sont neufs ces stylos mais inutilisés. Ils restaient dans leur armoire, délaissés, ces stylos de rien du tout...
 
Ils m'embêtent un peu ces stylos mais je les emmène quand même sans grande conviction à Dakar.
Avec M. Sarr, responsable de la logistique d'une compagnie aérienne bien connue au Sénégal, d'habitude on parle de logistique. C'est son métier à M. Sarr et il aime bien son métier. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je lui propose mon stock de stylos. Il me regarde étonné et me dit que je ne pouvais pas mieux tomber. Sa passion est de s'occuper d'une école dans son quartier de Yoff, tout là-bas, à l'autre bout de Dakar : ces stylos de rien du tout seraient pour les enfants.
 
En rentrant en France, j'ai appelé M. Sarr. Nous avons parlé de logistique mais aussi des stylos. Les enfants étaient très contents. Avec 120 stylos, il a pu équiper deux classes.
En riant, je lui ai demandé s'il avait fait attention de ne pas donner deux stylos de même couleur au même enfant. Mais M. Sarr, très sérieusement, m'a précisé que ce n'était mathématiquement pas possible puisqu'ils sont 60 enfants par classe à l'école de Yoff.
 
Alors, si dans vos tiroirs ou vos armoires, vous avez des stylos qui ne servent plus, pensez à l'école de Yoff et vous pourrez me les donner lors d'un prochain congrès d'écrivains ou d'un salon littéraire ou même à l'assemblée générale de l'AEB.
 
Et comme ça, à l'école de M. Sarr ou dans les écoles voisines, les enfants auront des stylos pour écrire, des stylos de rien du tout...
 
Edito rentrée 2008
Toujours. Il pesait tout.
Ce qu'il mangeait, ce qu'il buvait, lui-même. Il ne laissait rien au hasard, l'air de son appartement était filtré, ionisé, à température constante. Toujours.
 
Il dormait tous les jours de 21h à 6h. Courrait 10 km jusqu'à 7h, petit-déjeuner avec un calcul savant des calories apportées, protéines, glucides, lipides. Partait au travail par le bus de 7h32 arrivait à 8h00 pile. Toujours.
 
Le midi il redoutait la cantine plus que tout, mangeait dans son bureau aux fenêtres ouvertes été comme hiver. Toujours.
 
Le soir il quittait le travail à 17h. Jamais une minute de plus ou de moins. Reprenait le bus où il avouait respirer le moins possible. Eviter le contact des autres. Toujours.
 
Les soirs de beau temps il marchait seul une heure jamais une minute de plus ou de moins. Les soirs où il ne faisait pas beau c'était musculation : un esprit sain dans un corps sain. Puis une heure de ménage, désinfection, nettoyage, démontage des filtres. Puis oxygène pur pendant 15 minutes. Douche 15 minutes aussi. Toujours.
 
Pas de sortie car cela induisait des contacts. Les femmes ? Jamais. Célibataire. Et probablement qu'il n'avait jamais connu de partenaire de l'un ou l'autre sexe : la crainte d'échange de microbes. D’ailleurs, il suivait en permanence l'évolution de son corps tentant de déceler au plus tôt la maladie, étudiant scrupuleusement chaque symptôme, consultant le médecin juste pour obtenir les médicaments qu'il voulait. Il calculait même les dosages. Toujours
 
A 49 ans il n'avait jamais été malade, il n'avait jamais manqué une seule journée de travail. Tout cela c'est son frère qui nous l'a expliqué le jour de l'enterrement. Il était notre voisin et nous le connaissions si peu. Poli, effacé, il évitait les gens. Toujours.
 
Eviter ? Il n'a pu toutefois le faire avec le bus de 7h32. Lorsqu'il est tombé du trottoir le bus arrivait juste. Il est mort sur le coup. En excellente santé.
 
Allez, je vous laisse. J'ai des potes à la maison ce soir. Nuit blanche, alcool et cholestérol au rendez-vous. Moi ça me rend créatif. Ensuite je vais peut-être griffonner un chapitre avant d'aller me coucher à 7h32.
J'aime bien écrire tôt le matin. Toujours.
 
Edito été 2008
Nous sommes tous en contrat à durée déterminée.
J'entends souvent les gens dire autour de moi qu'ils sont chez eux, que ce terrain est leur propriété, que cette belle vue sur la mer est la leur.
Que la villa décorée avec amour, que ces murs montés pour isoler leur intimité, que ces arbres, que ces fleurs, que ce bateau, que cette... Non. Je suis désolé. Rien n'est à vous.
Ou alors si - mais un petit peu - à durée déterminée car un jour il faudra laisser tout cela, il faudra lâcher prise, rendre le jardin en même temps que le dernier soupir, recommander la maison en même temps que son âme.
 
Il en va de même pour le statut social. Dans une usine de province où je m'occupais entre autres des circuits de visite, il me souvient d'un vieil homme arrivé un jour pour précisément visiter, sa présentation m'a longtemps donné à réfléchir :
- Moi monsieur j'étais directeur de la stratégie du groupe. J'étais le passage obligé, mes collaborateurs tremblaient à l'évocation de mon nom, les commis me saluaient bas. Mais on m'a poussé à la retraite, monsieur, oui moi à la retraite ! Et bien croyez moi je suis passé au siège récemment et bien c'est à peine si les secrétaires ont levé la tête pour me dire bonjour, même mon adjoint que j'ai porté à ma succession et qui m'a remplacé est  passé dans le couloir et m'a juste salué de la main avant de s'engouffrer dans une salle de réunion. Je suis resté seul au milieu du couloir à la moquette si épaisse dont j'avais moi-même choisi les tons. Je ne suis plus rien, monsieur.
Il avait raison mais n'avait malheureusement pas intégré qu'un statut est provisoire, comme un positionnement, un grade, une fonction, une responsabilité, un diplôme, une expérience, une distinction et des honneurs (sauf posthumes).
Tout ça c'est du CDD !
 
Chez les écrivains bretons ou pas, chez les artistes en général il y a toutefois quelques chances d'obtenir du rab' après son CDD car l'oeuvre survit à son auteur : la peinture, l'écrit, la sculpture ou la musique resteront sur le tableau, dans le livre ou sur le support.
 
Alors les auteurs de l'AEB : efforcez vous d'être créatifs, d'enthousiasmer nos jeunes à lire, écrivez-leur des histoires passionnantes ou passionnez les avec l'Histoire. Composez-leur des poèmes légers et enchanteurs, racontez-leur la vie dans la doulce Bretagne d'antan, parlez-leur de leurs prédécesseurs, de leurs contemporains et de leurs descendants, décrivez-leur les univers fantastiques de Brocéliande, faites-leur humer les senteurs des îles, de la mer et de la lande, aider les à découvrir le pays d'Argoat, la langue de leurs ancêtres, la vie de notre Bretagne.
 
Et dans trois cent années lorsqu'un de vos descendants à 120 ans juste à la moitié de sa vie ouvrira le livre écrit par son aïeul(e), il découvrira dans les pages imprimées au parfum suranné des vieilles bibliothèques, le temps d'autrefois au début du XXIe siècle quand les hommes alors qu'ils ne vivaient même pas cent ans pensaient que tout pouvait leur appartenir.
 
 
Edito juin 2008

Moi je n'aime pas ce qui est gratuit.
 
Non pas parce que j'aime payer, mais surtout lorsque c'est gratuit, croyez-moi vous le payez très cher !
Prenez par exemple les journaux gratuits. Bien, il suffit de les prendre dans le distributeur lorsque l'on habite une ville. Et bien on en a pour son argent. Ligne éditoriale pauvre, écriture sans saveur, publicité omniprésente.
 
Ou bien regardez les sites internets gratuits , il y a tellement de fenêtres intempestives que l'utilisateur est vite fatigué.
 
La TV gratuite ? Allons donc, vous cliquez sur une offre vous avez effectivement un bouquet gratuit pendant quelques semaines, mais après quelle aventure pour stopper l'offre : lettre recommandée, rappel, etc.
La musique gratuite ? Super... Sauf si l'on est mélomane ! Les morceaux en ligne sur les sites de téléchargement officiels - il semblerait même que certains aillent sur des sites non-référencés, ce n'est pas bien -sont tellement compressés que l'écrétage des aigus et des graves devient pénible et la musique est aseptisée.
 
Inutile de vous parler des films gratuits à télécharger, mauvais son, images pixellisées, pauvre résultat.
Et le livre gratuit ? C'est en cours, des sites spécialisés mettent en ligne des livres à lire à l'écran, des internautes se partagent des fichiers numériques. Souvent gratuits.
Mais avez vous essayé de lire un livre numérique ? Si non, n'essayez pas. C'est astreignant et désagréable.
Et je suis de ceux qui aiment l'odeur de la librairie, le toucher du livre, la texture de la couverture.
Espérons que nous serons encore nombreux à aimer cela dans les années à venir.
 
Bien à vous. Luc.
 
Edito mai 2008

Un jour je serai président de l'AEB.
Pas maintenant, non. Trop récent et trop jeune. Parce que pour être président de l'AEB il faut deux qualités que je n'ai pas encore :
 
1 Etre un vrai écrivain Breton, avec une vraie bibliographie, une collection de publications, une reconnaissance de ses pairs
 
2 Avoir une vraie séniorité, donc un âge en relation pour pouvoir canaliser tous ces auteurs donc chacun d'entre eux pense - comme chacun d'entre nous le sait - que son oeuvre est la plus importante.
Alors je vais attendre. Patiemment. Une décennie et demie environ, ce n'est rien à l'échelle de la création du massif Armoricain.
 
Pour l'instant, je dois dire que ça marche plutôt bien avec l'actuel (président qui possède toutes les qualités susdites) et les membres du bureau. Innovation, idées, changement. De plus les adhérents affluent, quatre en moyenne par semaine depuis deux mois !
 
Les fiches sont mises régulièrement en ligne et nous avons trouvé le moyen de réaliser un mini-site moyennant une modeste participation pour nos adhérents-auteurs qui n'ont pas de site internet.
Dans quelques semaines la saison des salons va commencer et avec elle la kyrielle de séances de dédicaces que nous aimons tous et sans qui nous serions comme des chanteurs qui n'iraient pas sur scène. Alors bonne chance et peut-être nous croiserons nous, dans ce cas pensez à arborer votre pannonceau Ecrivain Breton.
Bien à vous.
Luc.
 
 
Edito avril 2008
 
Bon, je vais être honnête avec vous...
C'était à l'assemblée générale de l'AEB en novembre 2007 au fort de Kernevel. J'avais été prévenu quelques jours plus tôt par Nathalia Monjaret, la présidente, que mon roman "La Tourmente Kenavo" avait été retenu pour le prix des Bretons de Paris.
 
Je ne vous cacherais pas que ma joie fût grande : être considéré par les écrivains - Bretons de surcroît - ne me laissait pas indifférent. Malgré un emploi du temps comparable aux vôtres, je décidais de me rendre à Larmor-Plage pour récupérer mon prix et par la même, la reconnaissance d'écrivains fait impensable pour moi qui n'était même pas un modeste auteur !
Il était dans mon esprit clair que dès la fin de la réception, je reprendrai le chemin de Paris, ce qui pour un Breton de Paris, titulaire du prix du même nom paraissait, vous en conviendrez, bien logique.
 
Mais je me suis laissé attendrir par la gentillesse accorte des membres du bureau. J'ai vu ensuite que d'autres auteurs rejoignaient ledit bureau et dans un élan fou et incontrôlé j'ai levé la main : "Oui j'avais un peu d'expérience dans l'informatique, oui je pouvais m'occuper du site web, oui je pourrais le mettre à jour quelquefois dans le mois".
Eh bien depuis, le mal est là, il me ronge. Je passe des dizaines d'heures dans la semaine à lire les messages laissés en ligne, à orienter les nouveaux adhérents vers le trésorier, à saisir des fiches d'auteurs, à coller des photos et des couvertures de livres, à commenter des publications, à informer sur les actus, à correspondre avec les auteurs, etc.
 
Et comme ce matin avant d'aller au travail j'avais quelques minutes je me suis laissé aller à écrire ce billet d'humeur.
Bon, finalement ça me plaît ce boulot de web master (administrateur du site) pas payé, qui prends du temps, où parfois ça frictionne avec des grincheux ou des impatients. Et je me dis que finalement même si je n'écris plus, je peux exposer ma prose sur le site de l'AEB et c'est peut-être là que finalement je serai lu !
Luc.

Edito mars 2008
 
L'environnement social et politique ne nous laisse pas indifférents. Pas plus que l'appauvrissement culturel général, ce n'est pas nécessairement la faute à ceux qui ne se soucient pas d'élever leur niveau mais aussi à ceux qui sont censés les amener à cela : les parents, les éducateurs, les profs et autres élites qui en fait ne s'auto-alimentent qu'en cercle fermé creusant de plus en plus le fossé entre les catégories sociales et intergénérationnelles .
 
Ainsi regardez autour de vous. Quelles sont les préoccupations : l'histoire, le partage de l'expérience, le partage de passion(s)? Non. La période est aux vacances, aux dvds, au téléphone dernier cri, à la TV écran plat et à l'ordinateur omniprésent et incontournable.
Ne trouvez-vous pas qu'il y a moins de lecteurs, que la production de livres est à peu près aussi intéressante que le "prime" de 21 heures sur nos chaines nationales ?
Amusez-vous à observer les 25 meilleures ventes des grandes surfaces de la culture. C'est fait ? Bien maintenant otez les best-sellers traduits ou les suites à tiroir sur l'Egypte, le petit magicien Anglais ou le suspense à la sauce Britannique, déduisez les auteurs de situation (artistes sur le retour, animateurs TV, etc.), les livres sur les politiques ou sur les prétendus pipoles, pensez également à écarter les fils de et ex épouses, n'oubliez pas de ne pas prendre en compte les auteurs de faits divers qui racontent leurs (més)aventures...
Il doit vous rester environ un quart de livres d'auteurs lisibles et de bon niveau, auteurs qui ne galèrent pas puisqu'ils sont dans le hit-parade. Mais les autres, tous les autres ?
Alors ? C'est fichu ? Non, parce que sur le terrain il y a précisément des profs qui y croient, des assos comme la nôtre qui partagent, animent, organisent colloques et autres salons.
Mais ce sera difficile d'où l'utilité de se fédérer et l'AEB est une belle opportunité de partager.
Luc.
 
Edito février 2008

Bon il commence à prendre forme ce site ! Au fur et à mesure que nos adhérents règlent leur cotisation leur fiches sont mises en ligne. Pour les non-adhérents la collecte des informations continue et la liste des auteurs Bretons est également mise à jour. N'hésitez pas à nous informer des manques.
 
Une nouvelle rubrique a l'heur de plaire à nos lecteurs, il s'agit de "Nos lectures" une tentative de commentaires sur des livres ou des publications diverses ayant trait à la Bretagne. Si des auteurs acceptent notre avis, qu'ils nous fassent parvenir leur création.
 
La lettre contact a été envoyée récemment, nous allons travailler sa présentation pour lui donner une nouvelle jeunesse.
Remercions au passage Nathalia pour tout le travail effectué.
Encore tous nos voeux et excellente année littéraire à tous. Luc.
 
Edito janvier 2008
 
Depuis quelques semaines maintenant le site de l'AEb est en ligne. Petit à petit il est renseigné, enrichi et devient pour certains d'entre vous un Rendez-Vous régulier, je le vois aux courbes de fréquentation.
Notre ami Gérard Riou a aimablement redirigé l'ancien site sur celui-ci, la transition se fait en douceur. Toutes les informations n'ont pas encore été migrées, nous nous en occupons.
N'hésitez pas à fureter comme on dit à Québec, les Archives méritent le détour ainsi que les Fiches & Sites auteurs. Le forum n'attire pas encore beaucoup de monde pourtant trois "fils" méritant débat ont été ouverts.

La lettre contact devrait vous parvenir prochainement vous la retrouverez également sur le site.
Meilleurs voeux à tous et excellente année littéraire à tous. Luc.
 
 
Edito décembre 2007  
Vous venez de découvrir le nouveau site de l'AEB, il est à l'image de notre association dynamique, clair et en progression constante.
 
Peut-être même connaissiez vous le précédent ? Il a bien mérité de l'Association. Emmené de main de maître par Gérard Riou il a vécu et nous le regretterons, il nous restera d'ailleurs à récupérer l'ensemble des informations qu'il contenait : c'est en cours.
 
L'AEB est sur de nouveau rails, Nathalia Monjaret et Pierre Livory au prix d'efforts importants on réussi à maintenir l'Association des Ecrivains Bretons jusqu'à ce jour, nous nous rendrons compte un jour à quel point ils se sont investis.
 
De nouveaux membres viennent de faire leur entrée au bureau, ils viennent épauler Nathalia, Pierre et le nouveau président Yves Lainé pour continuer ensemble. De nouvelles compétences viennent enrichir le bureau et on peut constater d'ores et déjà que les idées fusent, que les projets sont évalués, que l'envie de poursuivre et de faire reconnaître est forte...
 
Gageons que l'AEB jouera également sa partition dans le concert de la culture Bretonne.
Nous nous y emploierons. Merci de votre soutien. Luc.
 
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