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Itinéraire de Paris à Kernascléden Ouvrage de
André Le
Ruyet
André le Ruyet n'a jamais eu les moyens d'aller à
Jérusalem, un itinéraire qu'un autre breton a conté il y a
longtemps. En revanche,
de Paris, il est revenu à ses sources pourlettes pour se fixer à deux pas de
Kernascléden, là où se dresse la flamboyante église héritée du temps des
cathédrales, ciselée longuement comme un bijou précieux par des hommes de
rocs.
Né à
Saint-Denis l'ouvrière, la « rouge », il ne renie rien de son aventure
banlieusarde, une aventure qu'il conte en multiples anecdotes de la vie
quotidienne, celle des gamins morveux et insolents qui se flanquaient des
roustées dans les terrains vagues et à l'ombre des cheminées d'usines, celle de
son clan migrant en Francilie. Pour découvrir un jour, effaré, qu'il était
l'héritier prestigieux de deux cultures fantastiques, celle des titis à l'accent
traînard, gavroches et poulbots indociles, et celle d'une Bretagne ancrée dans
son histoire, belle et rebelle. Moineau des quais de Seine et mouette
d'Armor.
L'auteur
narre son parcours avec parfois la rage, souvent avec l'humour, toujours avec la
tendresse.
Trois fois. J'ai recommencé
le premier chapitre trois fois. Et sans envie chaque fois de recommencer. Puis
passé ce premier chapitre c'est un beau récit. C'est même un plaisir à lire.
C'est en plus des moments vécus par l'auteur que tout exilé de Bretagne (ou
d'ailleurs) à Paris (ou ailleurs) à forcément connu. La communauté, la
présence chaleureuse des "pays" partageant les mêmes épreuves, les mêmes
joies.
Itinéraire de Paris
à Kernascléden ne laisse pas indifférent "Prix des Bretons de Paris 2006" le
livre est un témoin de la vie des bretons franciliens dans les années
50.
Ecrit d'une patte
fluide et incisive, le lecteur aimera les descriptions de ces lieux et gens
simples. Quel régal de lire la page 80 : Puis venait le
jardin coupé d'une allée centrale et séparé de la maison par un petit grillage.
Il suffisait de pousser une petite porte faite de planchettes pour y pénétrer.
Un hangar volumineux, couvert de toile goudronnée, mangeait à l'origine
un bon tiers du terrain, une situation inacceptable pour mon jardinier de
pèrequi décréta sa mort. Aussi, un beau dimanche, le clan (des bretons) débarqua
au grand complet pour accomplir la sentence avec outils et manches retroussées,
et le géant s'effrondra sans retour, dégageant un espace confortable pour de
nouveaux carrés de légumes.
Et les descriptions
sont à l'avenant non seulement précises mais aussi laissant l'imagination
dessiner ce petit coin de bonheur dans lequel vivait
André.
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La dernière partie du livre est d'une autre facture et
le lecteur se perdra en conjectures sur les métiers exercés par André, en
fait ce n'est pas aussi
clair.
Autre point, les
amis bretons du petit André ne portent que des noms bas-bretons Le Maoût,
Stanguennec, Scanvic, mais nous savons bien qu' il existe aussi en
Bretagne des noms Gallo, aussi bretons que les autres. A Saint-Denis bien
d'autres noms devaient être présents, mais la sonorité l'a emporté, notre ami
André a voulu trop bien faire !
C'est un livre
attachant et nécessaire, témoignage temporel de la grande migration vers la
capitale. Bref : à lire et à faire
connaître.
Luc
Editions
Manuscrits Ouverts
2006
Itinéraire
deParis à
Kernascléden. André LE RUYET. 303 pages. 14,90 euros.
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Duchesse de Bretagne, Duchesse de Savoie si
proches de Léonard de Vinci Essai de
Françoise Desrentes
Rolland
Duchesse de Bretagne, Duchesse de Savoie Si proches de Léonard de
Vinci.De nouvelles données extraordinaires par mes
recherches en généalogie ! Ces
rois et ces ducs si secrets... sur le chemin de deux
énigmes...
On a beaucoup écrit sur le tableau
de Léonard de Vinci "La Joconde". Françoise Desrentes Rolland tente d'apporter
un éclairage différent sur l'énigme de Mona Lisa.
Le livre est bien écrit même si le
fait d'en être auteur, correcteur et auto-éditeur laisse passer des fautes
d'orthographe et de syntaxe qui perturbent le lecteur, les redondants
ocres-jaunes (existe-t-il un autre ton pour l'ocre), les chariots à quatre
roues, les calèches n'appartenant pas à l'époque auraient pu être évités et
donner au texte plus de véracité. D'autre part, un éditeur averti aurait
probablement conseillé à l'auteur de rédiger une vraie
conclusion.
Pour être honnête on se
perd dès le début dans les méandres de la généalogie des Rolland, la période
historique couverte s'étend des Croisades au XVIe siècle ceci dans la première
centaine de pages ! En parcourant le deuxième chapitre on découvre pas moins de
cent personnages différents.
Rajoutons à cela le
parcours des différentes reliques, l'ascendance d'Anne de Bretagne, les
cousinages et épousailles des rois de France successifs et la saga des
Templiers...
Quelques
invraisemblances parcourent le récit, ainsi Claudine de Brosse chemine de
Chambéry à Cognac avec une seule halte sur 150 lieues ou 600 km !
Les références à la généalogie noble de nombreux
personnages déroutent
: "
Claudine était occupée à penser à ce sang bleu, qui selon elle, lui donnait
toute sa vivacité. Elle l'imaginait foncé ou marine, opaque, salé, piquant, iodé
comme l'océan...mais parfois elle le voyait pâle et d'azur transparent et doux
comme la couleur des cours d'eau Charentais..." Du sang blasonné en
quelque sorte !
Les
Rolland sont tous très gentils, sans doute ceux
ayant participé aux Croisades n'ont-ils pas contribué au massacre des infidèles
qu'il convenait de passer au fil de l'épée, effroyable génocide organisé avec la
bénédiction des esprits bien pensants de l'époque. Ces Rolland que l'on retrouve
partout, omniprésents, au hasard : en page 91 six fois le nom de Rolland
est cité, en page 93 sept fois et le lecteur s'ennuiera lui aussi de
l'oisiveté de ces nobles de province.
Maintenant évoquons le tableau de Léonard de Vinci,
Françoise Desrentes Rolland nous promet
" De nouvelles
données extraordinaires par mes recherches en généalogie
!". Page 104 le secret nous est enfin livré : Louise
de Savoie est Mona Lisa. Les preuves de sa présence auprès de Léonard de Vinci ?
François d'Avaugour : ...
elle allait en Savoie et probablement dans le
Piémont...
Jean Perréal : ... hélas, je n'ai
aucune preuve de ce que j'avance...
Jean Perréal : ... Louise était sans
doute au mariage de son frère
Philibert...
Françoise d'Avaugour : ... Louise était
certainement à Chambéry...
Au lecteur de juger. On
regrettera vivement qu'un portrait de Louise de Savoie ne fasse pas le pendant
du portrait de Mona Lisa dans le livre, cela aurait pu orienter le lecteur sur
la piste défendue par l'auteur.
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Concluons toutefois en reconnaissant à Françoise Desrentes
un talent de généalogiste et de chercheur, les schémas généalogiques, les
notes de fin de livre, les notices familiales sont autant de gages de sérieux et
de travail. Malgré tout la petite histoire des villages de Pludual et
de Pléhédel aurait apporté de la consistance au livre, les petites gens ont
aussi contribué à l'écriture du
passé.
Un livre intéressant et
à lire pour passionnés d'énigmes historiques
et d'histoires
familiales.
Luc
Editions Desrentes-Rolland
2008
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Mon pigeon voyageur CD de
Patrick
Arduen
Une fois n’est pas coutume mais mériterait de l’être,
c’est pour parler d’un CD que j’occupe l’espace critique d’une page : un CD de poésie musicale.
Mon pigeon
voyageur est une superbe balade à travers la vie. Pas celle du
pigeon, utilisé ici simplement comme messager et facteur du poète, mais celle de
chacun d’entre nous en général et celle de Patrick Arduen en particulier, à
travers ses textes souvent autobiographiques.
La qualité technique du disque est
excellente, n’ayant rien à envier à ceux des « majors ». La prise de son est
remarquable avec des effets stéréophoniques judicieux, permettant de placer une
guitare sur un canal et un accordéon sur l’autre par exemple. Il est agréable de
se laisser surprendre par le passage des percussions d’un côté à l’autre de
l’espace sonore de la pièce et d’entendre, en intermèdes, des chuchotements de
la nature.
La pochette et le livret sont eux aussi
réussis et lisibles. Les textes sont disponibles (heureusement !) et le
numéro des morceaux s’inscrit sur la silhouette colorée du profil du
pigeon.
Les 19 titres se répartissent en trois parties :
- L’envol (6 morceaux) :
pour parler de l’enfance, des jeux de gamins, de l’état de la planète et de la
préservation de la nature. - Les amours (6 morceaux) : pour évoquer les temps
forts des sentiments, des espoirs de conquête, de la vie d’un homme en quête de
l’âme sœur. - La destinée (7 morceaux) : pour
définir un itinéraire humain dans un monde incertain. L’identité Bretonne y est
affirmée, le souci du triste sort des opprimés est manifeste et la quête du
paradis dont on ne sait pas s’il est virtuel ou en construction est largement
abordé. Dans cette troisième partie, l’accompagnement musical est plus soutenu :
nous découvrons un reggae (un des grands moments de l’album) et un morceau très
Breton.
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En conclusion, nous pouvons dire que ce disque de poésie
musicale est une vraie bonne surprise. Il mérite d’être acheté (et non pas
copié), par respect pour l’auteur et son travail et pour disposer de la pochette
et du livret. Nous sommes loin des produits formatés de grande consommation et à
durée de vie réduite, matraqués uniquement à des fins commerciales. Ce disque un
petit bol
d’air.
Note de lecture de
Patrice Perron
MON PIGEON
VOYAGEUR. Patrick ARDUEN. 19 plages. 72 mn. CDARDU 07.07.2007. Diffusion Coop
Breizh et Editions GCBPV, 6 rue des écoles, 35600 Redon. 15
euros.
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C'est où chez nous ? Essai de
Nathalie M'Dela-Mounier et Carole
Bohanne
C'est où chez nous
? La semaine de Moussa. En sept jours, tout peut basculer. Privé de liberté
en compagnie de ses parents et de sa petite sœur, il découvre un univers où les
droits les plus élémentaires sont bafoués. Adieu l’école, les copains, la
quiétude du foyer familial, l’insouciance enfantine : les rêves d’avenir
vacillent. À travers les yeux d’un enfant, ici est posé le problème des centres
de rétention et sont montrées des pratiques peu respectueuses de l’humain. Pour
que
s’ouvrent vos yeux, qu’écoutent nos
cœurs, que sachent nos consciences.
La difficulté
lorsqu'il
s'agît
d'une publication collective c'est précisément de savoir qui l'a réellement écrite. C'est sur cette
question que l'on commence le livre. L'histoire se passe dans les environs de Saint-Brieuc,
une famille est confrontée à une situation d'immigration
illégale.
Le lecteur tente
de comprendre au début qui est cette famille, quelle est son
origine ? Et puis soudain cela n'a plus d'importance car ce pourrait être l'histoire
de n'importe quelle famille issue de l'immigration ballottée de pays
en pays, croyant avoir trouvé un hâvre de paix en France. Mais la réalité de
la LOI les rattrape et c'est par le biais de Moussa que l'histoire est narrée. Ils
sont "retenus" et l'enfant ne comprend pas pourquoi ils se trouvent enfermés dans
un centre de rétention et on ne peut que vivre avec lui ces moments avec notre
compréhension d'adulte.
Et l'on se félicite que
des âmes charitables s'occupent de ces pauvres
gens.
De nombreuses
abréviations parsèment l'ouvrage : Cimade, CRA, JLD, OFPRA, etc. Heureusement un lexique est fourni en fin de livre sur les
abréviations des différents organismes intervenant dans ce
domaine.
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Malgré tout
ces abréviations jurent dans le vocabulaire de l'enfant, c'est dommage,
cela enlève de la crédibilité à
sa vision.
Malgré le prix élevé - mais il semblerait qu'un partie
ou la totalité des droits soient versés à la Cimade - c'est un livre à
lire pour nous faire réfléchir plus humainement aux solutions mises en oeuvre pour lutter
contre l'immigration. Si c'était l'objectif, il est
atteint. C'est un ouvrage d'actualité qui ne laisse pas indifférent.
Luc
Editions Les
Oiseaux de Papier Collection L'Inacceptable 2007.
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Drames Bretons Histoire de Erwan
Chartier
Plutôt qu’un livre
d’Histoire, cet ouvrage se veut un livre d’histoires. Celles de grands
criminels, de chefs de guerre, d’hérétiques, de brigandes ou de grandes
catastrophes qui ont marqué leur époque et dont le souvenir survit parfois dans
la mémoire populaire. Cette vingtaine de récits – racontés dans un style
journalistique – se veut une invitation à découvrir ou redécouvrir une Histoire
de
Bretagne bien mouvementée et trop
souvent méconnue du grand public.
Quand j'étais gamin je lisais des livres de la collection
"15 aventures..." 15 aventures de moto, 15 aventures de sous-marin, 15 aventures
d'explorateurs. Ce livre me fait penser à cette série, écrit sans fatigue
puisque l'auteur cite les bibliographies où il a largement (complétement ?)
puisé ses sources, pas de recherches aux archives, ni de document ou de fait
nouveau, aucun apport personnel. Seulement des histoires connues et reconnues
racontées parfois pendant des siècles en embellissant ou en accablant des
personnages.
Cela
fait l'effet d'un chanteur qui éditerait un "best of" sans pour cela qu'il ait composé
aucun morceau. Un livre traité à la Star'Ac, des morceaux de différents compositeurs arrangés
sous un autre tempo en gardant les mêmes
paroles.
Donc intérêt pas manifeste : les passionnés de l'histoire de la
Bretagne n'y apprendront rien et les gens qui voudrait la découvrir par le biais
de son passé se perdront entre autres dans les méandres des guerres de
succession de Bretagne (plusieurs générations en quelques
pages) Oublions très vite la romance de Marion du Faouët et ses dessins aguicheurs,
histoire à laquelle même les enfants ne voudraient plus croire et passons
rapidement sur Hélène Jégado ou la Bretagne dans la seconde guerre mondiale.
Tout au plus pourrions nous trouver un intérêt à la description du naufrage
méconnu du Saint-Philibert en 1931, traité royalement en 4 pages ...
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De
plus, le livre est mal fini, il bénéficie d'une faute d'ortographe par page, pas
de relecture sérieuse. J'ai pensé d'ailleurs qu'il s'agissait d'un pré-tirage,
mais non. Que l'auteur
ne nous en veuille pas, mais à trop chercher les livres de compromis on finit
par se compromettre... dans la banalité. Luc
Editions Edica 2003. En
vente en librairie. 156 pages. 15 €
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Villeport roman de Daniel
Blanchard
La jeune fille se dresse
sur la pointe des pieds pour observer notre assistance. Ses yeux semblent
détailler chaque personne avec intérêt et finissent par se poser sur moi. Il y a
un temps d'hésitation, puis elle s'avance à ma table d'un pas décidé.
D'autorité, elle prend une chaise au passage et s'installe en face de
moi. « Bonjour ! » Sa voix est douce, mais l'intonation est un peu sèche…
Son regard est étrange. Dans ces yeux clairs, d'un bleu pastel, je décèle une
certaine inquiétude. Ne sachant comment me comporter, je lui réponds avec un
large sourire. « Vous prenez quelque chose ?
- On se dit «
vous » maintenant ? »
C'est un curieux roman. Au départ j'ai failli décrocher.
Tout était parfait, harmonieux, aseptisé. De la science-fiction. Puis en continuant j'ai enfin compris.
Compris qu'il s'agissait d'un autre monde, celui que l'on rêve. Puis la rencontre sublime
des deux femmes, l'épouse et l'autre : "Anne se lève et croise les
bras en s'appuyant contre la vitre <Savez vous qui a écrit : tu voulais
être admirée, jalousée, désirée, sans te soustraire un seul jour aux subtibilités de l'amour
?> Sophie méfiante fais un signe négatif <Votre mari
madame>".
Cette scène
dans l'espace clôt de la chambre d'hôpital est formidablement décrite,
d'ailleurs Daniel Blanchard a une belle plume, tout s'enchaîne, se précise et
s'articule parfaitement. C'est un livre attachant finalement
et on le laisse on regrettant que le vrai monde ne soit pas celui de
Villeport. Mais ce serait un rêve.
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Les Editions Les Ateliers de Porthos sont basées à
Minihy-Tréguier (22) on regrettera toutefois qu'aucun contact ne soit possible à
partir du livre. Luc
Editions Ateliers de Porthos 2007. En
vente chez l'éditeur. 260 pages. 14 €
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Le sang des
Cent-Jours essai
historique de Charles Doursenaud
Pour ceux qui avaient pâti
de la Révolution et de l'Empire, l'abdication de Napoléon à Fontainebleau en
1814 fut un moment de liesse. Leur allégresse fut de courte durée car, moins d'un
an plus tard, Napoléon quittait l'île d'Elbe pour reconquérir la France. Stupeur
et consternation s'abattirent alors dans le camp royaliste, surtout parmi ceux
qui avaient profité de la Restauration pour assouvir de vieilles rancunes. « Le
sang des Cent-Jours » s'attache à un événement oublié de ces années de turbulence
: sous la direction d'un hobereau belliqueux et brouillon, quelques Trégorois
se lancent dans la grande politique et, de Tréguier à Lannion, tentent de
s'opposer à la conscription. Leur brève épopée sera sur tout marquée par l'assassinat
du maire de Pommerit sur les berges du Jaudy : Jean–Marie Le
Caër en savait–il trop ?...
Après "Deux têtes
pour le bourreau" Charles Doursenaud nous livre cet essai historique sur "Le
Sang des Cent-Jours". Il conviendra de préciser que le travail effectué est hors
normes, quiconque a cherché aux archives connaît la difficulté de recouper les
informations pour leur donner une cohérence objective dès lors qu'il s'agit d'en
réaliser un livre.
Et là : Charles
Doursenaud excelle, c'est une découverte enthousiaste et décrite avec soin de ce
Trégor de la période post-Révolutionnaire. Sans être romancé le livre nous fait
découvrir les personnages, l'auteur nous donne l'impression d'être présents
juste derrière l'épaule des protagonistes. Et pour qui connaît la région l'on
redécouvre avec passion les villages de Pommerit-Jaudy, du Minihy-Tréguier et
bien d'autres !
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Et quel délice
d'entendre les phrases effrontées de ces Trégorois décidément toujours rebelles
et médisants. Et le
sous-préfet y va aussi de sa sentence : "Le maire de Plougonver se saoule ?
Certes, on préférerait qu'il soit plus sobre. Mais si dans ce pays, on
destituait tous les maires ivrognes, on changerait souvent ces administrateurs
!" (page 49)
"Le Sang des
Cent-Jours" est un ouvrage obligatoire et nécessaire pour également bien comprendre le comportement
de nos ancêtres Trégorois. Passionnant et décrivant une réalité passée ce
livre n'est pas comparable avec d'autres lectures plus ou moins accomplies
sorties à la chaîne et mal ficelées par des éditeurs raisonnant d'abord en
retour sur investissement...
Que l'on me
pardonne ce jugement probablement peu objectif, je suis un
inconditionnel de maître Charles.
Il n'apparaissait
pas dans la
liste des Ecrivains Bretons, c'est corrigé, voilà au moins une injustice
réparée à l'instant. Luc
Editions Fou de Bassan, 2007, 17
€ disponible sur alapage.com ou amazon.com
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Mémoires livre de Edouard Quemper
Né à l'île Grande un mois de Janvier 1925, Edouard Quemper s'engage
très jeune dans la Résistance et devient
après la Libération l'un des principaux responsables du Parti Communiste
Français dans le département des Côtes du Nord. Il est incontestablement devenu
l'une des grands figures du Communisme dans le département.
Dans ce livre de
souvenirs d'une vie militante conscarée aux autres alternent des chroniques, des
réflexions, des anecdotes souvent savoureuses de celui qui est aussi chasseur,
pêcheur et... pécheur.
220 pages sur toute une vie ou comment parler de soi sans
jamais se mettre en avant et passionner le lecteur. C'est l'exercice de style
auquel s'est confronté Edouard Quemper avec une certaine réussite. Bien sûr
il est communiste pratiquant et croyant, on retrouve de nombreuses
références sur son parti au fil des pages. Mais comment
pourrait-il procéder autrement ? Son engagement a été sa vie ! Il l'avoue lui même : "J'ai eu de la chance très jeune
de rencontrer un tel parti, sans lui je ne sais pas
si ma vie aurait mérité d'être vécue" (cf. page 169). Un sacerdoce comme
les prêtres qu'il a combattu !
Edouard Quemper nous
livre un résumé agréable et qui ce lit bien. Certes quelques longueurs notamment
politiques (détails sur le élections par exemple) font parfois languir le
lecteur, mais il va de soi que pour les gens de son secteur
géographique c'est de l'Histoire du pays.
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Regrettera-t-on que la vie des habitants de l'île Grande au début des années
1930 ne nous soit pas contée plus dans le détail ? Certainement. Car la
plume d'Edouard Quemper pourrait se teinter d'ethnologie et nous décrire le passé de nos
grands parents qu'il a si bien connu.
Philosophe et
observateur, homme de bon sens ("Francis Macé n'était pas instruit mais il était
intelligent, on peut ne pas être instruit mais être intelligent . Le contraire
est vrai aussi..." page 190)
On pourra comme moi ne pas aimer la période trouble de la
seconde guerre mondiale, en tous cas Edouard Quemper aura réussi à m'intéresser
au moins aux événements dans ma région. Donc un livre à lire pour qui aime la
politique mais aussi la vie de cet homme de valeur(s). Luc
Pas de
référence Editoriale. En vente chez l'auteur.
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Chronique brouillonne d'une gloire
passagère essai de Jean
Kergrist
Qui n'a croisé un jour, en Bretagne
ou
ailleurs, le clown atomique, le clown agricole, le conteur de Saint-Lubin ou
des bagnards de Glomel ?
Près d'un demi-siècle
que Kergrist, l'inventeur de la "gavotte du cochon", nous fait rire ! Pourquoi
a-t-il enlevé son nez rouge ? Pourquoi a-t-il quitté la scène ?
Il nous livre ici ses
enthousiasmes et ses colères, ses blessures et ses secrets. Il démonte aussi au
passage quelques rouages de la machine à créer les larbins car, pour Kergrist,
"l'art naît de la résistance" (André Gide).
Ces dizaines d'années
d'un parcours atypique appartiennent à l"histoire de la Bretagne. En lisant ces
pages, beaucoup y trouveront leurs propres repères.
C'est une
photo en noir et blanc qui date de la fin des années 70.
Il fait beau. En bas à droite on distingue bien la lande bretonne. En arrière-plan de
la photo on discerne des photographes, ils tiennent bien en main leur matériel
mais ils semblent rire, ce n'est pas adapté le rire pour un photographe. Sur
la gauche il y a un camion militaire qui n'est pas dans son paysage, que
fait-il sur notre lande ? De plus, au droit dudit camion il
y a une dizaine d'hommes, des soldats ? Non plutôt des policiers, sans doute des
gardes mobiles au vu de la grenade visible sur leurs casques. Car ils sont casqués,
ils sont mêmes équipés, treillis, lunettes, masques anti lacrymogènes.
Le premier gendarme est immobile, les bras croisés, défiant. Derrière
lui c'est plus décontracté, un de ses collègues a même les mains
sur les hanches. Ils observent et doivent se sentir décalés, voire même
déplacés... Car juste en face d'eux il y a quelqu'un d'étrange, oui c'est cela,
étrange. L'homme est aussi en uniforme : casque mais qui ressemble à s'y méprendre
à un saladier retourné. Curieux. Et il est vêtu d'un uniforme plus seyant à
un épouvantail qu'à un membres des forces de l'ordre. Il a aussi un poignard
d'enfant en bois à la ceinture et puis c'est surprenant un nez rouge sur sa
face hilare. C'est le clown Kergrist, le clown
atomique. Je me suis attardé sur cette photo présente au milieu du livre car
elle résume bien qui est Kergrist.
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Pourtant avec Jean Kergrist notre histoire a mal
commencé. Il était adhérent à l'AEB depuis longtemps et son nom n'apparaissait ni dans
la liste des auteurs de l'Asso, ni dans la liste des auteurs Bretons tout court.
Alors il n'était pas content début 2008 : "si l'on veut m'enterrer vivant,
qu'on me le dise..." Mais les choses se sont arrangées rapidement et
maintenant nous sommes amis, d'ailleurs Jean m'a fait envoyer son ouvrage par
Keltia-Graphics son éditeur. Alors justement parlons-en
de ce livre.
C'est un livre particulier parce qu'il décrit toute
une vie de militantisme et de bravades. Clown atomique, clown agricole, clown
d'orgueil.
Et modeste avec ça " J'ai certes bien connu tous les uns
tels dont je vous parle, mais je ne suis pas dupe au point de croire qu'eux se souviennent encore
de moi." (p33). Il reconnaît lui même combien son personnage peut être agaçant : "Devenir
emmerdeur ne s'improvise pas." (p21)
Et comment donner un
avis sur le style du livre quand Jean écrit lui-même : "Les mines d'uranium ? Le
fil sans queue ni tête de ces chroniques brouillonnes m'invite à y faire plus
longue halte." (p111)
On regrettera cependant un
style télégraphique et un texte émaillé de nombreuses fautes d'orthographe, une
relecture supplémentaire n'eût pas été un luxe ! On se perd aussi dans tous
les mouvements, associations et mouvances où notre Jean Kergrist a milité.
On se dit qu'un personnage qui soutient des
mouvements aussi divers que l'écologie, la sauvegarde de la langue bretonne, le respect
des cultures ne peut être foncièrement mauvais. Mais le plus beau c'est qu'il
y croit encore.
Et pour terminer je ne peux m'empêcher de citer une phrase
que je considère comme la plus belle du livre, hommage au canal de Nantes à
Brest : "Cette flèche séculaire plantée au coeur de la Bretagne
pour lui dire "je t'aime". Mon oasis d'enfance. Ma trouée vers la mer. La brèche
par où nous parviennent, avec les mouettes, les senteurs d'océan mêlées aux
odeurs d'ajoncs des monts d'Arrée."
(p163)
Je n'ai plus rien à dire. Luc
Editions Keltic-Graphic 2008. En
vente sur Amazon. 175 pages. 15 €
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La Peau des
Fesses roman de Jean Destrée
Léon Roudot, retraité de
l’enseignement, vit retiré dans sa résidence secondaire de Locquirec, en
Bretagne. Grand érudit, il écrit des ouvrages de bonne facture qui ne trouvent
pas d’éditeur. Son épouse, Maryvonne, continue de vivre à Saint- Denis, en
région parisienne, avec leurs deux enfants, Goulven, qui « michetonne » à
Montparnasse, et Morgane, 17 ans, lycéenne, très jolie et nymphomane.
L’éclatement de la famille coûte la peau des fesses à Léon Roudot, d’autant plus
qu’il a une maîtresse, Athina, jeune peintre d’origine grecque, et que Maryvonne
entretient Blaise, un jeune poète… Morgane tient à jour, depuis l’âge de
quatorze ans, le « journal intime » de ses aventures amoureuses. Le hasard lui
fait rencontrer un journaliste de retour d’Irak, Cédric Inizan, dans le TGV. Une
idylle se noue. Cédric lui fait connaître un petit éditeur qui accepte de
publier son « journal ». Un coup médiatique intelligemment conçu fera de
l’ouvrage un « best seller ». Grâce à la célébrité soudaine de Morgane, la
famille
Roudot connaîtra enfin l’opulence. Mais on ne se ruine jamais davantage que
lorsqu’on a beaucoup de fortune.
Né le 9 Février 1930 à
Saint- Quentin ( Aisne ) – Père picard. Famille de cheminots. - Mère issue d’une
famille de paysans du Trégor, émigrée en région parisienne à la fin du dix
- neuvième siècle. Ancien élève du CFJ ( Centre de Formation des
journalistes). Licence et maîtrise de Droit Public. Ancien journaliste et ancien
directeur de journal local. Veuf.
Quatre enfants. Il a quitté la
région parisienne en 1974 pour retrouver ses racines bretonnes… En Bretagne,
ancien commerçant forain, ancien hôtelier- restaurateur… En retraite, il consacre son
temps à l’écriture.
Dès les première
pages on retrouve le style de Jean Destrée, c'est à Locquirec que la scène se
passe. Léon Roudot écrivain élitiste attend toujours l'éditeur qui publiera son
livre sur les Grecs. C'est alors que survient dans sa vie sa fille Morgane et
avec elle l'accélération est impressionnante, la fille n'a pas froid aux yeux et
Destrée entraîne le lecteur dans des scènes d'amour (mais pas d'eau
fraîche) décrites avec talent. Cela risque même de donner à penser aux âmes
sensibles et probablement d'en émoustiller d'autres.
Malgré ses 17 printemps (18 d'emblée eût été plus
convenable) la gamine est une experte en diversité et en perversité. Les
descriptions sont... précises et ne sont pas racontables sur un site grand
public. Et Jean Destrée s'en donne à coeur joie, il ne respecte rien aucun milieu social, aucun âge (les jumelles sont nubiles),
aucune religion, les juifs, les chrétiens et les musulmans (je ne me souviens pas avoir
vu de boudhistes) sont mis à contribution, participent à tous les tourments imaginés par Morgane.
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Dans la période
actuelle d'intolérance religieuse c'est un tantinet risqué de la part de
l'auteur, mais c'est aussi certainement voulu. L'histoire est fluide et se lit
bien, le style descriptif est à la Destrée : Cédric. Blond. Visage
carré. Front légèrement dégarni. Yeux noirs. On retrouve cette manière de
présenter tous les personnages le lecteur appréciera ou non. Jean Destrée profite avec
raison de son ouvrage pour donner son opinion qui n'est pas inintéressante : "La
juge ! La professeure ! La docteure ! La maire ! On confond sexe et fonction. A
quoi cela rime-t-il ?"
Reconnaissons
à Jean Destrée une réussite d'écriture dans le
genre d'Esparbec, traitement délicat. Gageons que ce sera un succès en
librairie, la peau dès lors qu'elle traite de celle des fesses à toujours de
l'avenir et le récit est bien enlevé.
Luc
Editions Le Cormoran. En vente
sur Amazon. 200 pages. 18 €
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La marée noire de l'Amoco
Cadiz ouvrage de Henri
Guéguen
Le 16 mars 1973, le super-pétrolier Amoco Cadiz s'échoue sur la
côte nord de la Bretagne. 220.000
tonnes de pétrole se déversent, dont une partie gagne le
rivage.
Des plans de
secours inadaptés, des dégâts chiffrés à plus d'un milliard de francs, un procès
mi-gagné, mi-perdu contre Amoco, société symbole de l'actuelle mondialisation.
Cette marée noire
reste, jusqu'à ce jour, l'une des plus grandes catastrophes
écologiques.
Elle a
heureusement contribué à faire adopter de nouvelles réglementations, Elle a
aussi provoqué une évolution considérable des tribunaux envers les pollueurs.
C'est dire sa portée
internationale.
Mais en
Bretagne,comme ailleurs, les risques d'accidents graves sur le littoral sont
loin d'avoir disparu.
Cet ouvrage
retrace en détail le naufrage du pétrolier et ses
conséquences.
Plus de 30 ans après des cicatrices de la
catastrophe pétrolière restent visibles sur nos côtes. Ce livre a le mérite de
nous rappeler la situation que tous les riverains du littoral vécurent à
l'époque. On est subjugué par le peu de moyens disponibles, l'impréparation,
l'amateurisme.
Heureusement les petites mains sont intervenues : habitants,
agriculteurs, marins-pêcheurs. On sent bien dans les propos de l'auteur
que les autorités étaient pétrifiées par l'ampleur du désastre, c'est seulement
vers la fin de la crise que l'armée et la marine ont réussi a être
efficaces. Le témoignage
du maire de Penvénan est accablant, les pauvres rochers du Port-Blanc recouverts
de mazout ont dû hanter bien de ses nuits et bien des nuits aussi des habitants,
proches et même touristes.
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Et puis un chiffre qui à lui seul peut nous faire craindre que
cela pourrait recommencer en pire malgré le rail d'Ouessant, les remorqueurs et
autres procédures : pour l'Amoco malgré les terribles images que nous en
conservons, c'est seulement 10 %
du pétrole qui est venu à la côte. Je vous laisse imaginer les super-tankers aux
mains d'équipages exotiques qui croisent journellement nos
rivages.
Le livre est fort bien documenté, une enquête à froid sérieuse et
globale, écrite dans un style technique et un tantinet télégraphiste. Peut-être
eût-il été intéressant de savoir quel traitement a subi l'épave et ce qu'elle
est devenue. A conseiller donc. Luc
Editions CMD , Questions de
Mémoire , 1999, 10,51 € disponible sur alapage.com
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Migrateurs roman de Marylinn Maurage
L'immigration au
fond, ce n'est qu'un regard plus utilitaire sur le monde c'est tout.
Voilà désormais le credo
de Vadim lorsqu'il pose le pied sur le sol français. Russe et passager
clandestin d'un cargo, il est l'un de ces nombreux candidats au mythique statut
de réfugié débarquant non pas d'un port de cette Europe du sud si sollicitée
mais sur un quai de Bretagne. De son passé moscovite qu'il abandonne sans
regret, il entend conserver un solide pragmatisme et faire feu de tout
bois.
Mais le granit
armoricain, peu inflammable, lui réserve des surprises souvent...
troublantes.
Malgré l'incongruité des
situations auxquelles il est confronté, les problèmes liés à la condition de
"sans papiers" sont eux parfaitement réels : le Slave est-il soluble dans le
Celte ?
Vadim jeune Géorgien en situation irrégulière échoue en
Bretagne prêt à se faire adopter : « même par une moche ». Ce n'est pas le cas
de Meilen plutôt jolie et très active : théâtre, commerce bio, un peu écolo
...
La
difficulté principale étant que Meil n’aime pas les garçons. Vadim pourtant
affecté d’un érotisme débordant va contenir ses ardeurs pour se
faire héberger par la jeune Bretonne. Il s’en suivra de nombreuses
aventures cocasses et véridiques – comme cette ambiance de fest-noz moderne que
nous nous avons tous l’impression d’avoir vécu au moins une fois – écrits par
une plume vive et intelligente.
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Les errances et errements du
couple qui deviendra rapidement trio sont décrits avec les détails qui en font
un récit authentique peut-être même vécu au moins par bribes.
Marylinn Maurage inconnue jusqu’à ce premier ouvrage
nous livre une histoire d’actualité passionnante et tellement plausible.
Luc.
Editions L'Arganier , FACÉTIES ,
15/08/2006, 19 € disponible sur alapage.com
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