ARCHIVES du MOT DU PRESIDENT
 
Le mot du Président août 2008,
 
Sous la forme d'un dépliant envoyé aux principaux acteurs de la culture en Bretagne, précédé d'une lettre de Madame Sylvie Robert, vice présidente de la Région, une invitation à participer m'est parvenue dans les premiers  jours de l'été à mon adresse nantaise..
Je me permets de citer ci-après quelques phrases importantes de cette lettre :
 "Les grands axes de la politique régionale ont été votés en novembre 2005. L 'année 2008 sera l'occasion de faire un point sur les effets de cette politique et de repositionner ses modalités de mise en œuvre . Nous avons conscience des profondes mutations qui traversent notre société… il est nécessaire d'en formuler les enjeux.
Je vous invite à partager une analyse de la situation actuelle, à préciser nos perceptions du rôle et de la place de l'art et de la culture . Ces rencontres me permettront  d'expliciter ce qui nous a conduits à définir cette politique… Pour autant il faut sans cesse écouter,  dialoguer  pour améliorer , adapter, anticiper pour être efficace " .
 
Le débat en question est une série de réunions d'une journée chacune sur trois thématiques puis une de conclusion, comme suit :
" A Cesson-Sévigné, le 30 septembre :  Présence artistique (Bezañ an arzou). Le ou les territoires de l'art. les conditions d'une présence artistique durable sur l'ensemble des territoires de Bretagne ? les modalités pour la rencontre, l'expérimentation, l'inventivité. Statut et mesure de la valeur du travail . Fonction critique de l'art. participation à la transformation de la société."
" A Saint Brieuc, le 21 octobre : Territorialisation et décentralisation (Triiadigezh ha digreizennañ)  . Comment sortir des verticalités sectorielles, prendre en compte les spécificités géographiques, articulation entre les échelons territoriaux. Proximité de la décision politique, concertation et participation."
" A Brest, le 20 Novembre : Identité et diversité (Identelezh liesseurt). Le risque induit par le déplacement des repères, la globalisation, consumérisme et communication de masse. Créer du commun en cultivant la richesse des héritages. Comment la Bretagne est devenue un laboratoire pour la construction et la transmission d'un savoir vivre ensemble ouvert au monde ?"
" A Lorient, le 9 décembre : synthèse. La culture, dimension transversale de l'action publique. Valorisation et partage des réflexions Le moment de mettre en commun les propositions d'adaptation nécessaires des modalités d'intervention de la Région et  d'ouvrir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la politique culturelle régionale."
Je sais ce que d'aucuns diront de ce projet : " Les jeux sont faits, les dés sont pipés, c'est joué d'avance ". Ce n'est pas mon avis : si les écrivains de Bretagne répugnent à entrer pas dans l'arène, à quoi pourront-ils bien prétendre ensuite ?
La première remarque que je fais est que, une fois de plus, la région dite " de Bretagne " semble prétendre à elle seule, incarner la dimension géographique et, en ayant les moyens, se présente comme le chef de file de notre culture. On peut prétendre que  si cette région existe, c'est parce que, et avant tout, il y a eu une culture et une personnalité bretonnes qui l'on précédée, avec un bouillonnement identitaire qui persiste en dehors d'elle, car cette région ne semble pas respecter ceux qui l'on portée au pouvoir.  Même si, comme dans tout bouillonnement on trouve parfois le pire et le meilleur, se respecter mutuellement  est un préalable à toute action concertée. Oui nous revendiquons ce respect !
La deuxième remarque est la dimension territoriale. On sait depuis la signature de la Charte Culturelle de Bretagne que dans ce domaine, la Région  et le département de Loire-Atlantique coopèrent dans ce domaine - Comment est-il possible que la région semble ignorer l'un des premiers départements en manière de culture bretonne ?  Aussi ai-je demandé récemment un rendez-vous à Patrick Mareschal, président du Conseil général et j'espère vivement  des apaisements de sa part.
Les débats ne sont pas en  " entrée libre " - Il faut s'inscrire et dans les délais.
En attendant, j'invite fortement nos membres  à s'inscrire dans ce débat  ce qui suppose
- avant le 22/9 pour le 1er débat de Cesson-Sévigné auprès de www.rencontrecultureregionbretagne.com  ou au téléphone 02 23 40 01 64 où l'on peut demander le dépliant (scanné ci-après) sur ces débats.
- A préparer préalablement une ou des  communication(s) sur un ou des thèmes sur lesquels vous vous jugez compétent(e), et qui pourrai(en)t être reprise(s) officiellement par l'AEB si le Bureau l'approuve et  publiée(s) sur son site, si vous nous les communiquez..
- Je me permets de vous  faire remarquer que, selon toute probabilité, le monde universitaire, répondra massivement aux invitations de la région - il serait dommage qu'il soit seul à représenter nos intérêts.
Je serai personnellement présent aux deux derniers débats (Novembre et décembre) et exprimerai la synthèse que je ferai de vos interventions. Vous pouvez me transmettre vos idées sur le site http:///www.ecrivainsbretons.org  ou chez moi yves.laine@club-internet.fr
A galon  
Yves Lainé
Août 2008
Le mot du Président juin 2008,
 
Un point sur la longue route.
Il y a six mois, le nouveau bureau a été installé à la tête de l’AEB. Qu’a-t-il fait ?
 
Tout d’abord un état des lieux – Le moral n’était pas au beau fixe, car les effectifs avaient, pour des raisons diverses, dont des problèmes d’ego, il faut bien l’avouer, fortement rétréci. Il fallait enrayer cette spirale.
Ceci est en bonne voie : l’association a progressé de 60% en effectifs cotisants et ce n’est pas fini – Notre objectif reste de 150 membres en fin d’année.
 
• Nous avons mis en place une charte de travail et une charte graphique dont on peut compter les effets en visitant notre nouveau site http:// www.ecrivainsbretons.org 
• Nous avons réalisé quelques documents, dont le « triptyque carte de visite », que vous trouvez joint ou en annexe, plus un « bulletin d’adhésion » plus complet.
• Nous avons inscrit notre association et certains de nos membres dans des premiers salons ou manifestations : ils seront à Vannes en juin, à Brest 2008 en juillet, à Guérande en novembre...
• Nous avons entamé notre travail de « répertoire », même si nous avons toujours de problèmes de réponses à nos questionnaires … qui deviennent dépassés, et il faut recommencer – besogne ingrate s’il en est.
• Nos candidats aux prix AEB 2008 seront bientôt  mis en lecture.
• Nous avons en projet (2009) un « thesaurus des écrivains bretons » etc, etc.
Mais, je voudrais  aujourd’hui porter l’accent sur quelques sujets de moindre satisfaction ou de soucis :
• Nous souhaiterions avoir plus d’échanges avec vous et nous constatons que le FORUM que nous avons ouvert sur internet est peu visité – Les écrivains n’ont-ils rien à dire ? Je ne vais pas  répéter ce que je dis dans le triptyque : si l’Ecrivain de notre Pays  n’est pas respecté alors qu’il apporte et transporte la pensée bretonne, c’est d’abord de sa faute. L’équipe est en place, elle a la pêche, mais ne fera que ce que les membres en feront. Si elle se passait de vous, elle tournerait en rond.
• Nous sommes encore trop mal connus – Merci aux revues, journaux qui nous prêtent leurs tribunes ; nous les utiliserons de plus en plus, mais pour cela il faut que votre président soit certain qu’il transmet votre pensée, pas la sienne – pendant l’été je réfléchirai  à un questionnaire anonyme.
•  Des nuages obscurcissent le ciel culturel de la Bretagne. Après avoir transformé en « EPCC », (administrations relevant de la région et de l’Etat), le Comité Régional du Livre devenu « Livre et lecture » et l’Ofis ar brezhoneg, des interrogations se font jour à propos de l’Institut Culturel et du Conseil Culturel. Vont-ils aussi devenir des outils au service des autorités, perdant ainsi ce qui restait de leur indépendance ? Ces réflexions doivent nous porter à renforcer notre propre structure qui, contre vents et marées, refusera toute intrusion de capital public, sauf projets ponctuels, bien sûr. L’indépendance de la pensée bretonne est à ce prix, la balle est donc dans le camp des écrivains.
• Enfin la reconnaissance prévisible des langues régionales, comme faisant partie du  patrimoine de la France, dans la Constitution, nous laisse perplexe – Il manque ici une dimension de « patrimoine utile » car la définition actuelle de ce mot n’intègre ni la volonté de le préserver pour les générations futures donc aucune référence à l’avenir, ce qui supposerait que la France s’accorde avec les textes signés et ratifiés par les autres européens. Les associations bretonnes doivent être unies sur cet objectif. Yves Lainé
 
Le mot du Président mai 2008,
 
QUI FAIT LA BRETAGNE ?  
 
Écrivain vivant, debout, tu en es !
Le verbe est encore le principal vecteur de la culture ou de l'esprit des peuples. C'est par l'écrit qu'aujourd'hui s'affirme d'abord leur identité, avant même que les formes artistiques n'aient complété le décor. Il n'en a pas toujours été ainsi et il est probable que les révolutions technologiques vont encore bousculer cet ordre. Je ne sais trop comment.
 
Une société, c'est la résultante d'un processus lent, accompli inconsciemment par des individus pensants ou créatifs qui sont les relais d'autres individus, peut-être moins intellectuels, mais pas moins indispensables. Ces élites catalysatrices  découvrent ce que le peuple, dans son ensemble, veut partager solidairement, mais qu'il ne sait exprimer faute de mots : impression, vision profonde de ce que sont un homme, une femme, une famille, un groupe, manière d'analyser, de proposer, ou encore de s'opposer, de  refuser, de tolérer ou de  comprendre la nature ou les autres… Vision authentique mais forcément métisse.
Elle pourrait s'exprimer dans des traités de philosophie,… pas vraiment notre point fort, à nous autres Bretons !…. C'est plutôt indirectement, inconsciemment, que les êtres de chez nous se décrivent. Cela peut prendre la forme d'un roman, d'un poème, d'une enquête. On a dénombré jusqu'à une vingtaine de genres littéraires.
 
Un Breton adulte sur mille écrit. Nous sommes quelque 2000 auteurs vivants, romanciers, poètes, journalistes, auteurs d'essais, de fictions, d'œuvres scientifiques ou encore de bandes dessinées... Démontrer, émouvoir, transmettre,. Tout à notre art, nous n'avons pas, la plupart du temps, la moindre idée de l'influence que, ensemble, nous exerçons. Ceux qui nous lisent le savent, eux.  Pour autant notre modestie naturelle n'aura pas à en souffrir, car les lecteurs de chez nous sont loin de privilégier les seules sources bretonnes : le marketing de celles-ci n'est pas toujours à la hauteur des qualités créatrices..
Chaque année pourtant, chez nous, sortent 2000 titres, dont une centaine en langue bretonne. Nos ouvrages sont aussi publiés et lus hors de Bretagne. Vecteurs essentiels de l'image que  la Bretagne nous projette sur l'écran du monde.
Le rêve de beaucoup est d'accéder à la " grande " édition parisienne. : Ses éditeurs y disposent d'un accès privilégié aux médias, d' affaires plus rentables, quand nos propres autorités régionales, faute de moyens,  ne rendent pas toujours justice à nos talents. Bref, nous sommes des petits. .Mais au pays des aveugles… tout de même, quelque deux cents éditeurs résistent et font des cinq Départements de la Bretagne un espace littéraire unique et riche.
 
A Saint-Malo, Concarneau, Saint-Brieuc, Vannes ou Guérande,..  une centaine de salons littéraires bretons cumulent des centaines de milliers de  visiteurs.
Notre imagination ou nos analyses contribuent donc à la constitution de la personnalité culturelle collective, la Matière de Bretagne. Inspirés par son passé et son présent, nous auscultons  aussi son avenir.  Et cela ne nous suffit pas toujours : les Bretons appréhendent  souvent  l'Universel !
Plus que dans d'autres régions,  nos œuvres   inspirent  aussi ceux qui agissent et nous dirigent. Les débats  institutionnel, culturel ou économique font que la Société Civile existe en Bretagne.  Nous avons ici, au sens noble du terme, une responsabilité politique indépendante, même si elle ne peut être partisane.
C'est bien à un collègue écrivain, le regretté Xavier Grall, qu'on doit le serment :" Nous te ferons, Bretagne ! " .  Manque de modestie ? A peine !  Il bouge encore…
Au nom des écrivains de mon Pays,  je souhaite apporter une précision en forme de feuille de route :  " Nous te ferons  ouverte, honnête,  sensible et  lumineuse ".
 
Cette année l'Association des Ecrivains Bretons sera trentenaire - trente ans, c'est aussi l'âge de la Charte Culturelle de Bretagne , signée par Valéry Giscard d'Estaing, cette charte stipulait que son propos était :
" De mettre fin au divorce qui existait entre une culture régionale, toujours riche et vivante et une culture dominante qui l'ignorait trop souvent ".
 
Cet objectif nous va bien aussi, sauf que nous ne voulons pas limiter nos vers ou notre prose à un " régional " réducteur. Nous n'avons pas pour seule vocation d'encourager le tourisme - quoique mérité et  bienvenu - ou une certaine nostalgie, comme au XIXème, ou l'on  cultivait la " manie celtique ". Nous voulons avoir accès à tous les genres !  Mais ceci exige une véritable décentralisation culturelle et nous somme encore si loin de nos modèles en Europe, Pays de Galles ou Catalogne … A cet égard l'horizon du livre se solidarise totalement avec celui de la langue bretonne. On voit le fossé qui nous sépare encore de la compréhension qui nous est due : La phrase de VGE, bien qu'insuffisante,  reste actuelle !
 
Depuis Yan Brekilien, le fondateur, chaque président de l'Unvaniezh  a apporté sa marque et sa personnalité.  Mon objectif, à moi, est simple : Nous ne serons pas une force tant que nous n'aurons pas rassemblé, dans le respect de tous,  le quart de la masse des écrivains vivant, soit 500 auteurs de qualité - Même si nos effectifs sont en progression très significative, nous ne sommes aujourd'hui qu'au quart de la hauteur de cette barre à sauter.
 
Inconcevable il y a dix ans, cette ambition, à travers notamment Internet et le haut débit, j'affirme qu'elle est possible aujourd'hui. Ce que nous monterons ensemble, c'est  ni plus ni moins qu'un des maillons essentiels de la Société Civile de Bretagne .
Sur les moyens d'y parvenir, les méthodes, je vous donne rendez-vous sur notre site, dont son forum. Les auteurs et les lecteurs  ont le moyen  de joindre chacun de nous directement et d'apporter leur contribution. J'ose espérer  que cet appel sera entendu. Dans l'hypothèse inverse, si l'on ne peut agir, on peut encore prier..
La Bretagne a-t-elle besoin de ses écrivains ?
Ceux-ci ont-ils quelque chose à  lui dire ?
These are the questions.
 
Yves Lainé
   
 
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Le mot du Président mars 2008,

Le point après un trimestre de travail :  une dynamique est en route.
 
Le nouveau bureau a été réuni la première fois à Ploemeur le 15 décembre 2007. Des priorités y furent définies. Il s’est ensuite réuni le 6 mars à Vannes, moins de trois mois plus tard.
 
1. Nous compter - La situation n’était pas désespérée, mais préoccupante . Nous devions fixer la hauteur de la  barre à sauter au cours d’un plan de trois ans : 500 membres, soit  le quart d’un « vivier breton» d’écrivains estimé à 2000. C’est ambitieux, mais pas irréalisable – Je ne dirai pas que le pari est gagné – ce serait présomptueux – mais nous avons incontestablement bien progressé.  Nous venons de  repasser au dessus de la barre d’une centaine d’auteurs « cotisants » ; et nous pouvons raisonnablement envisager de nous retrouver deux cents en fin d’année… comme autrefois.
 
2. Rester libres  - C’était un choix. Si nous voulons rester libres  d’exprimer la voix des écrivains bretons, il faut cesser un temps de rêver aux subventions publiques. Que ce soit dit : tant que nous n’aurons pas d’opérations de prestige qui puisse intéresser aussi nos édiles, oublions cela. Mais pourquoi être libres ? Pour pouvoir nous exprimer. Je ne l’ai fait qu’une fois, à l’occasion du discours de bonne année du président Sarkozy qui laissait entrevoir des ouvertures à la diversité culturelle (voir le mot du président de janvier) – la seule réponse à mes questions fût une courte  note de l’Elysée, datée du 19 février, où le président  disait « remercier de la contribution apportée à la réflexion qu'il conduit sur les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour permettre à notre pays de relever les défis qui sont les siens aujourd'hui. » Dont acte, mais aucune réponse sur le fond. La Bretagne  peut attendre…
D’autres interventions seront utiles, mais elles ne seront pas faites avant que soit prise la « température » du groupe  que nous formons.
 
3. Exister  – La solution était de faire part de nos efforts dans le média le plus complet qu’on puisse imaginer. « Internet ».  Nous avons  pas simplement « rafraîchi » mais complètement « re-conçu » notre site.  Dans un premier temps, le papier attendra, mais il viendra, car il est encore nécessaire (combien de temps ?).  A la vitesse où le site est consulté, nous pouvons envisager le millième visiteur en Juin. Ce site nous permettra  de communiquer en temps réel avec ceux qui le veulent bien, mais aussi et surtout il servira de base aux documents que nous sortirons cette année, dont le fameux annuaire de nos membres.
 
4. Communiquer entre nous. Nous l’avons fait à l’intérieur du bureau : mon « outlook » m’indique – valeur d’aujourd’hui -  que j’ai échangé 452 courriels depuis trois mois, ce qui fait 4,5 par jour en moyenne ! Mais nous n’avons pas vraiment commencé – en dehors du « Forum » à construire quelque chose avec tous les membres. Or l’outil Internet permet cela avec la méthode des questions – A partir de maintenant je vais donc essayer:
- de savoir qui vous êtes vraiment
- de savoir le ou les messages forts que vous souhaitez faire passer
- de connaître vos besoins, même ceux que nous.
 
5. Etre utiles – progressivement  nous deviendrons plus utiles à la profession d’écrivain. Nous ne sommes pas une confrérie ou un club, nous devons aussi être un « syndicat d’initiatives » au sens propre.  La dernière initiative prise pour vous , il y a quelques jours, a été de s’inscrire, au titre AEB là ou se trouve le public : au  5e salon d’automne de Bretagne, à Guérande, les 22 et 23 novembre – Nous y avons réservé un stand. – C’est aussi  à cette occasion que nous tiendrons, le 22, notre Assemblée générale et que seront décernés  les prix bretons.
 
Il est bien évident que, compte tenu des options prises, nos objectifs ne seraient pas réalistes si ne pouvions compter sur des adhésions massives. Sachez-le : il n’y a pas de petit écrivain ou auteur…
 
Sur nos nombreuses insuffisances ou insatisfactions, je ne m’étendrai pas. Par exemple, je pense qu’il  nous faut une politique spécifique à l’égard de la langue bretonne, que nous devons avoir une approche technologique  « avancée » à l’égard de l’écrit, etc… Nous  aurons l’occasion d’en reparler – Utilisez bien notre forum, qui est aussi là pour alimenter  le progrès de notre action.
Sachez qu’il est lu avec attention par tous les membres du bureau, même s’ils n’interviennent pas souvent.
 
A galon
 
Confraternellement votre
 
Yves Lainé
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Le mot du Président janvier 2008,
 
De quelle diversité culturelle, de quels territoires parlez-vous, M. le Président ?
(À propos de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy du 8 janvier sur la politique de civilisation.)

À plus d'un titre nous avons bu les paroles du président de la République.

Il a d'abord été question d'une conviction profonde et d'un engagement très fort. Nous avons noté que le Président avait, pour ses concitoyens, amour, respect de la différence et de la diversité, qu'il était capable d'une analyse intéressante de la défiance actuelle des Français vis à vis de la politique... Qu'il fait sien le concept d'Edgar Morin de « politique de civilisation ». Et cite même, avec lui, comme impératif, à côté de la solidarité : le « ressourcement identitaire ». Les références à Édouard Balladur ou Simone Veil sont rassurantes et nous approuvons le projet de compléter le préambule de la Constitution afin d'y intégrer des modifications qui seront de toutes façons indispensables si l'on doit ratifier la Charte des droits fondamentaux de l'Union. Tous les autres couplets sur la culture, l'école, la télévision ne nous déplaisent pas.

Cependant, le président de l'Association des Écrivains Bretons s'est permis de poser quelques question sur le blog du président comme suit :

M. le président de la République,

Dans votre conférence de ce jour vous avez employé un mot qui m'a surpris et que je n'arrive pas à interpréter : il s'agit du « ressourcement identitaire » (p2). Voici quelque chose de nouveau. Reconnaissant par ailleurs en vous un apôtre de la diversité, ma question sera simple :

Ce ressourcement identitaire, cette diversité que vous appelez de vos vœux, signifient-t-ils la référence à une identité monolithique française ou celle-ci peut-elle être plurielle ?

— Une identité bretonne peut-elle être compatible avec une « remise dans la République des territoires » et qu'entendez vous par là ? (p5) Acceptez-vous, enfin, de ne pas qualifier un tel ressourcement, forcément pluriel, de « repli », comme l'ont fait la plupart de ceux qui vous ont précédé, mais comme une contribution ?

— Si votre vision de la question devait rester celle que nous avons toujours entendue, comment alors concilier l'idée d'une constitution « en avance » alors qu'elle n'est pas encore « à niveau » dans les domaines des droits fondamentaux de la culture ou des langues ?

Yves Lainé, président de l'Association des Écrivains bretons.d'abord à rendre hommage à Nathalia et à son équipe qui ont maintenu le cap.

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Le mot du Président décembre 2007,
 
Je tiens d'abord à rendre hommage à Nathalia et à son équipe qui ont maintenu le cap. Comme le dit Luc dans l'édito, leur mérite n'est pas mince et l'avenir leur rendra justice.
 
Aujourd'hui, notre  ambition est simple : nous  ne voulons pas  croire qu'en Bretagne,   une majorité d' écrivains, êtres individualistes s'il en est,  refuseraient systématiquement quelques  principes :
 
  1. Témoigner de la société bretonne – Unie, la force virtuelle des écrivains est très grande, – pourtant leur parole est faible pour ne pas dire inexistante – Pour que la parole des écrivains existe, il faut d'abord que ceux-ci s'expriment. Individuellement ou en groupe : c'est l'AEB. Cette perspective serait impossible ? Est-il incongru d'essayer ? Nous ne ferons jamais de politique : nous chercherons seulement des voies, et des voix de Bretagne pour apporter notre pierre, exprimer nos attentes de XXIème siècle.
  2. Ne pas se laisser  enfermer dans le folklore, la nostalgie ou le nationalisme . Cela ne nous empêchera pas d'essayer d'appeler un chat un chat, une nation, un citoyen, une langue, une femme, un homme, des valeurs et des droits, qu'ils soient de Bretagne, de France, d' Europe et du monde.... Nos voix seront diverses, peut-être ? Tant que ça ?
  3. Moderniser le débat d'idées L'écrivain est par définition un intellectuel intéressé par le débat – Nous devrons utiliser les technologies modernes (dt Internet, outil concret) pour ouvrir nos idées à tous ceux qui en voudront. Il nous faudra pour cela refaire le monde, mais que fait d'autre un écrivain ?
  4. Apporter des  réalisations concrètes, une organisation. Pour cela il nous faudra de l'argent ; grâce à des projets intelligents, nous trouverons des co-financeurs. Voir petit est souvent une erreur.
  5. Aller jusqu'à cinq cents. Les écrivains bretons ou vivant en Bretagne sont environ 1500. Nous avons l'ambition de réunir comme adhérents le tiers de cette masse. Avoir publié est nécessaire, sera Breton qui veut l'être.
  6. Ne pas s'opposer stérilement  aux autres outils.  Ceux-ci, qui visent   la promotion du livre et de la culture sont en plein tâtonnement ; ce n'est pas notre vocation de les remplacer, de les concurrencer, mais ces outils seront d'abord ce que les bretons en  feront , si les auteurs, les premiers,  font entendre leur voix ! L'AEB devra pour cela être capable d'influence, jouer le rôle de syndicat afin qu'on ne fasse pas n'importe quoi en leur nom...
  7. Donc des questions à la fois de fond, de forme et de logistique. Cela ne se fera pas en un jour . Ce n'est pas seulement moi ou le bureau, tout seuls, qui feront cela. Vous en serez. En attendant je n'attends pas seulement votre cotisation (indispensable) mais aussi vos projets. Et du concret svp.
Merci et Meilleurs voeux de bonnes fêtes !
Yves Lainé, président.
 
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Le mot du Président novembre 2007,
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